Royal et Sarkozy ont réveillé chacun à leur façon une France endormie par les élections passées qui ne passionnaient plus personne et qui s’étaient malheureusement transformés en un vote de contestation et non plus de conviction.
La gauche avait depuis au moins 2002 besoin d’une remise en question en profondeur avant d’envisager gagner une quelconque élection majeure. Jospin était seul responsable de la catastrophe que fut le 21 avril 2002 pour toute la gauche. Aujourd’hui, Royal a tout de même réussi à passer le 1er tour, à tenir tête à Sarkozy, à engendrer un mouvement populaire dans toute la France, à commencer (tardivement) la rénovation de la gauche, à secouer le PS en sortant des lignes, etc. Et tout ceci malgré les nombreuses difficultés : des primaires tardives, un programme parfois ambigu, une stratégie moins étudiée et moins pertinente qu’en face, les embûches permanentes des éléphants du PS, un parti en dispersion et non rangé en cohortes comme à l’UMP, le manque de savoir-faire en communication, le manque de formules choques (« travailler plus pour gagner plus »), etc. J’ai toujours eu l’impression que Royal faisait le maximum pour rattraper le retard du PS. Royal a tout de même réussi là où tous les éléphants ont peiné depuis 2002.
Pour rappel, en 2002, Chirac et Le Pen étaient finalistes. Pendant ce temps, Sarkozy jubilait de savoir que le quinquennat 2002-2007 allait donner plus qu’un avant-goût de droite dure et ultra-libérale. C’est en toute légitimité qu’il a réussi à revenir en force dans le paysage politique, de conquérir le parti de Chirac, de rester au gouvernement jusqu’au bout et surtout, de continuer à occuper le terrain médiatique, politique, économique et idéologique.
Le seul moyen de contrer cette machine de guerre, ce rouleau compresseur est d’éviter de parler encore et toujours du P-DG de France, même s’ils scandalisent une partie de la population française avec ses vacances de droite décomplexée (Fouquet’s, Jet privé et Yacht de milliardaire). Son principal intérêt est qu’on continue de parler de lui en bien ou en mal.
Alors au lieu de critiquer, juger, rester frustré, angoissé, pensons plutôt à reconstruire ensemble. Puisqu’une partie de la France n’a pas voté Sarko, autant conserver cette dynamique pour transformer l’essai pour la prochaine fois, de positiver malgré les mesures qui nous attendent, de continuer à se battre jour après jour pour proposer des idées innovantes qui sont en accord avec la France d’aujourd’hui. N’attendons plus que la politique fasse quelque chose pour nous car cette gauche qui ne se réveille pas commence à me faire croire (après la droite la plus bête d’Europe) que nous avons maintenant la gauche la plus têtue d’Europe :
- Francois Hollande qui reste à la tête du PS malgré une double défaite (2002, 2007)
- Les Verts qui rejettent un accord avec le PS pour les législatives
- Les luttes internes au PS pour prendre le leadership pour les législatives
- etc.
Heureusement que chaque jour est un jour nouveau...