Très bonne analyse, notamment sur les considérations générales. Prêtant peut-être un peu plus le flanc à la critique concernant la TVA sociale, les commentaires le prouvent.
Vous écrivez : « » On comprend alors que les ménages les moins aisés, qui ne paient pas d’impôt sur le revenu, verront leur imposition augmenter par le biais de la consommation.« » Comble d’injustice, à contrario les hauts revenus y échapperont par le biais du bouclier fiscal, d’autant plus que la TVA est maximum sur les produits de luxe ! Le monde à l’envers !
Ce matin, Jacques Marseille invité de Nicolas Demorand avec Thomas Picketty sur le sujet de la TVA sociale disait : « Le risque d’inflation est fortement limité ». Colossale finesse que celle de la langue de bois !
Pour ma part, je crois que, outre le danger d’inflation, l’autre danger est que les recettes de cette TVA soient détournées et ne compensent pas les baisses de charges, au détriment de la protection sociale. Cf. la vignette auto « pour les vieux ». D’une pierre deux coups : accroissement des inégalités et détournement du mécontentement populaire sur les travailleurs victimes.
La baisse du coût du travail n’est pas une fin en soi : l’un des objectifs est de rendre plus attractives les entreprises françaises, donc de favoriser les profits. Il va de soi qu’elles profiteront peu ou prou d’un effet d’aubaine, d’autant que les importations étant également taxées seront moins concurrentielles sur bien des produits.
Concernant la croissance du PIB, on ne redira jamais assez que le PIB inclut les catastrophes et autres pertes de richesses, mais aussi les besoins de la machine économique elle-même. Par exemple, le capitalisme financier induit des profits, crée des emplois mais aucune richesse. Et du fait que les profits augmentent plus vite que le pouvoir d’achat des revenus du travail, on peut se demander si ce pouvoir d’achat n’est pas en chute libre : une évaluation reste à faire. La protection sociale est un élément différé du pouvoir d’achat des travailleurs. Sa baisse affecte aussi leur pouvoir d’achat.
Tout ceci nous prouve que la politique menée est une politique de développement des inégalités ce que vous montrez très bien dans la première partie de votre analyse. Cette politique qui conduit à une société de classe est la plus facile à mener puisque c’est une politique proche du laissé faire, du pousser dans le sens ou ça penche. On pourrait dire une politique institutionnalisant une forme d’entropie sociale basée dont le moteur est la sélection naturelle. Un abandon délibéré des valeurs.