Dette Publique : la ruine systémique en cours de notre économie nationale
Dans un monde dominé par l'argent dette il est donc nécessaire, pour comprendre le circuit de création de la valeur économique, de partir de la création de tout mouvement économique et de toute production et/ou mise en œuvre de service, à partir de la création monétaire par le crédit.
Selon la doxa la monnaie créée ainsi s'éteint avec le remboursement du crédit. Et donc selon ce principe il n'y a pas de raison logique pour que la masse monétaire en circulation ne soit pas, sinon absolument stable, du moins uniquement soumise qu'à des variation marginales, et en aucun cas à une augmentation constante, sauf augmentation constante des dettes en circulations, ce qui est bien le cas, mais ce qui n'est tout aussi logiquement rendu possible que si une partie en augmentation constante des dettes n'est jamais remboursée complètement, ce qui n'est donc bien possible qu'au niveau de la dette publique, car à l'évidence, tôt ou tard, toute dette privée doit être soldée, d'une manière ou d'une autre.
Pourtant, en période de développement économique, type « Trente Glorieuses », la masse monétaire croit nécessairement en proportion de la production, sans pour autant que la dette publique croisse de manière exponentielle. La dette publique peut même se trouver stabilisée, voire carrément réduite. L’État français se trouvait même encore en excédent budgétaire en 1974.
Or, en période d'expansion économique type « Trente Glorieuses », d'où vient l'expansion, sinon de la valeur ajoutée par le travail ?
Une valeur ajoutée par le travail qui augmente donc avec l'expansion qu'elle génère en termes d'emplois productifs, mais ce qui n'est possible précisément que parce que cette valeur ajoutée par le travail trouve sa traduction monétaire en salaires et donc en consommation : il y a donc bien une synergie entre production et consommation, à travers l'augmentation de la masse salariale.
Le crédit se trouve donc transformé en valeurs matérielles et services produits et consommés, d'une part, et en salaires nécessaires à cette production, de l'autre.
Mais en fin de compte, stricto sensu, c'est donc bien la consommation qui permet la réalisation de la valeur d'usage initialement créée par le crédit.
Une nouvelle production initiée par le crédit investi en capital fixe (investissement matériel en moyens techniques de production) et en salaires, fait toujours face, dans cette dynamique, à un équivalent tel que la masse salariale globale absorbe et consomme la masse de la production et des services proposés.
L'augmentation de la masse monétaire mise en circulation par le crédit trouve au jour le jour sa réalisation en valeur à la fois produite et consommée.
En clair, la valeur ajoutée par le travail des uns en termes de masse monétaire trouve au jour le jour son équivalent en termes de valeur finalement consommée et donc réalisée concrètement par les autres. L'équilibre économique dynamique repose sur un échange constant entre travailleurs « producteurs-consommateurs », même si cet échange s'effectue indirectement, par le truchement du marché.
La masse de la production et la masse monétaire globale peuvent croître sans générer de dette résiduelle insolvable et s'accumulant finalement sur le compte de l'Etat.
A travers le cycle production-consommation les crédits producteurs et consommateurs s'annulent et s'éteignent donc sans générer de dette résiduelle, malgré l'augmentation globale, au jour le jour, de la production, de la consommation, et donc également, de la masse monétaire en circulation.
C'est le cycle de l'élargissement du capital productif et du développement capitaliste tel qu'initié par la révolution industrielle depuis le XIXème siècle et jusqu'à la fin des « Trente Glorieuses », qui en inaugure le déclin, et encore relativement jusqu'à sa chute, au début du XXIème siècle, marqué par les crises significatives à cet égard, dites « subprimes » et « covid », qui ont définitivement établi le cycle de la dette publique banco-centralisée comme nouveau moyen de pseudo « développement » de l'économie.
Comme on l'a déjà vu, donc, le développement économique sans genèse d'une dette publique en constante expansion n'est possible précisément que parce que l'excédent monétaire provisoirement créé par le crédit est constamment détruit par l'équilibre des échanges entre crédits producteurs et crédits consommateurs. Et cela pour la raison évidente qu'il n'y a pas de crédit producteur qui ne soit aussi un crédit consommateur à travers le circuit production consommation, c'est à dire à travers la valeur ajoutée par le travail et transformée en masse salariale.
Mais il y a évidemment une condition sine qua non évidente pour que cet équilibre dynamique puisse prospérer et se maintenir : c'est que la masse salariale globale en circulation soit suffisante pour couvrir l'ensemble des crédits, tant en investissements productifs qu'en crédits à la consommation.
Si tel n'est plus le cas, c'est donc inévitablement la dette publique qui devient la variable d'ajustement, avec une tendance à la croissance systémique, si les paramètres de la destruction de l'excédent monétaire initié par le crédit se trouvent modifiés par rapport à la situation d'équilibre dynamique entre création monétaire et expansion économique.
Ce sont ces paramètres qui sont progressivement puis irréversiblement modifiés par l'automatisation de la production industrielle, puis par sa robotisation, ainsi que par l'extension de cette mutation au secteur tertiaire informatisé.
L'IA, indépendamment de ses autres conséquences « culturelles » et « cognitives », ne modifie pas fondamentalement les données du problème de la dette, sauf pour continuer de l'aggraver, selon cette nouvelle synergie génératrice d'une dette publique systémique. Que l'IA créé provisoirement de nouveaux emplois en « remplacement » d'une partie des emplois détruits par la robotisation et l'informatisation ne rétablira pas, même provisoirement, un équilibre dynamique entre la valeur ajoutée par le travail et la masse des investissements nécessaires à ce type de développement, précisément parce que le crédit nécessaire à ces investissements reste disproportionné par rapport à la masse de la valeur ajoutée provisoirement par le travail salarié encore nécessaire.
Depuis des décennies déjà, la masse de capital fixe, robotique ou non, investi dans l'industrie, ne cesse de croître de manière disproportionnée par rapport à la masse de travail salarié qui y est encore nécessaire, et l'IA ne fera évidemment qu'augmenter cette tendance, même si par ailleurs elle génère provisoirement un « remplacement » de certains emplois du tertiaire et même une compensation partielle, dans ce secteur, des pertes d'emplois industriels.
Même si l'IA entretient provisoirement, voire même « rebooste » un tant soit peu la dynamique interne du secteur tertiaire, cela ne change rien au déséquilibre fondamental des échanges possibles, en termes de transfert de valeur, entre le secteur industriel et le secteur tertiaire, c'est-à-dire en termes de transfert entre crédits d'investissements en capital fixe « robotique », IA ou non, et valeur ajoutée par le travail, en termes de masse salariale, qui doit donc à la fois couvrir le capital fixe nécessaire dans le secteur tertiaire, le profit suffisant pour le rentabiliser, les crédits d'investissement en capital fixe industriel, et le profit nécessaire à ce secteur en sus de son amortissement en capital fixe et des intérêts de ses crédits.
Même si la masse monétaire de la valeur ajoutée par les travailleurs du secteur tertiaire est éventuellement suffisante pour équilibrer les échanges internes à ce secteur, elle doit donc absolument être suffisamment « excédentaire », par rapport à ces échanges, pour absorber également la production industrielle dont elle a absolument besoin et cela à hauteur des investissements de ce secteur, plus de son profit et du solde des intérêts de ses crédits d'investissement.
Même si la masse salariale résiduelle encore en circulation dans le secteur industriel peut contribuer à « boucler la boucle » à travers ses propres besoins en services, elle se trouve structurellement en déséquilibre de plus en plus extrême avec la masse des échanges au sein du secteur tertiaire, dont elle ne « compense » les besoins en produits industriels que pour un faible part, c'est-à-dire en proportion de ses propres besoins en activités de services.
Pour que la masse des crédits d'investissement du secteur industriel se trouve « compensée » de façon très formellement et comptablement « bénéficiaire » par la valeur ajoutée du secteur tertiaire il faut donc absolument que celle-ci soit « survalorisée » par une circulation monétaire elle-même « excédentaire » et donc nécessairement générée par la dette publique.
A mesure que progressent l'automatisation, la robotisation, l'informatisation, et maintenant l'introduction de l'IA, dans l'industrie, la dette systémique globale ne peut que croître, à partir d'un cycle et d'un socle irréductibles, mais qui n'en sont pas moins devenus, à travers les politiques monétaires banco-centralistes successives, et singulièrement depuis les deux dernières crises « systémiques » de 2007-2008 et 2020-2021, les ferments d'un parasitisme économique et social générateur des « grosses fortunes » de la société française comme des autres, au soleil aveuglant de la mondialisation, qui nous fait voir en « fortune positive » une débauche de luxure qui n'est que le reflet inversé de la dette publique réinjectée dans le corps social sous la forme d'une masse monétaire « excédentaire ».
Ramener le cycle et le socle de la dette publique à ce qui est juste nécessaire et suffisant pour établir une économie moderne dynamique et socialement équilibrée, c'est sans aucun doute tout à fait possible, si la volonté politique s'en trouve, mais cela implique une destruction des situations de « fortunes excédentaires » établies en parasites du corps social, et donc aussi la destruction des situations de parasitisme systémique qui assurent actuellement la prospérité et le renouvellement de notre classe politique, qui se fait le rempart systémique du parasitisme du pseudo « capital financier » en réalité gavé des retombées de la dette publique sous leurs multiples formes, et notamment de son utilisation comme « collatéral » couvrant d'une manière ou d'une autre la majorité des transactions financières, y compris les plus « spéculatives » !
Mais c'est encore un autre « chapitre » de l'histoire de notre temps...
Luniterre
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Récent sur le thème >>>
Quelles solutions pour libérer la France ? Débat utile entre Nicolas Dupont-Aignan et Juan Branco

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Pour abréger le "Sigmaringen" de la macronie et libérer la France du banco-centralisme

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De 1917 à 2027, Histoire et économie : pour ne pas tout mélanger !
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2014 - Andrew Haldane, le spleen du banquier central à mi-chemin sur les marches du pouvoir
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Articles de fond plus anciens mais essentiels >>>
Pour comprendre comment on en est arrivés là…
Quelques articles qui parlent de la mutation banco-centraliste en cours depuis le début du XXIe siècle, avec ses deux tournants décisifs en 2007-2008 et 2020-2021, à commencer par cet autre résumé qui « illustre » littéralement le « poids » de la dette dans le déséquilibre économique catastrophique de notre pays :
France Finances, ça Balance… Mal ! Déficit Public Vs Dividendes CAC 40

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Cet autre article, plus détaillé, avec deux vidéos documentaires importantes, nous parle précisément et par la voix de son initiateur, aujourd’hui heureusement pour nous « repenti », de la première expérience historique de banco-centralisation d’une économie moderne, au Japon, le « prototype », en quelque sorte, des « solutions de crises » basées sur la dette publique exponentielle, telles qu’elles ont gagné ensuite la majeure partie des grandes puissances industrielles, dont évidemment la France…
Un article où Richard Werner, lui-même à l’origine du concept de « Quantitative Easing », décrit on ne peut mieux, à partir de son expérience personnelle d’économiste au Japon, l’évolution économique banco-centraliste de ce premier quart du XXIe siècle, jusqu’à la naissance actuelle des Monnaies Numériques de Banque Centrale et sur le danger fatidique pour les libertés économiques, et les libertés tout court, qu’elles représentent :

Voir aussi >>>
Un diamant trouvé sur la plage - Chronique économique estivale

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Et pour une approche historique plus synthétique de l’ensemble du processus de la mutation banco-centraliste depuis la formation du capital industriel, une étude de fond sur le temps long :
Le Roi « Capital » est mort, vive la Reine « Dette » !
https://cieldefrance.eklablog.com/le-roi-capital-est-mort-vive-la-reine-dette-a215991921

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POUR EN SORTIR… :
Les conséquences concrètes à tirer de cette analyse de l’actu et d’autres récentes :
Les Quatre Points Cardinaux du Retour à l’Indépendance de la France
Dans le monde chaotique qui a succédé à la crise de 2007-2008, c’est l’exportation de la dette qui a pris le pas sur l’exportation des capitaux comme facteur de survie des empires et des nations. La France héritière du Général De Gaulle peut-elle encore y trouver sa place comme nation libre ?
Dans une Europe prise en tenaille, dans un Occident en voie d’effondrement économique et civilisationnel, la France a encore moins d’« alliés » qu’elle ne pouvait en espérer en 1940 : pour être à nouveau respectée et nouer des accords utiles elle ne peut compter que sur ses propres forces et la détermination de son peuple, exprimant à nouveau par la voie des référendums sa volonté d’indépendance dans tous les domaines :
-* _ Indépendance militaire et géostratégique
-* _ Indépendance diplomatique et économique
-* _ Indépendance financière et monétaire
-* _ Indépendance culturelle et idéologique
Soit quatre points cardinaux à soumettre au débat public en vue d’une reconquête constitutionnelle et référendaire de l’indépendance de la France

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