@ B Dugué
J’ai l’impression que vous avez , dans votre article , une approche ou une conception mystique de la biologie .
Essayons une comparaison informatique :
Ce qui fait marcher un vieux poste de radio d’après-guerre ou les superordinateurs de la météo , ce sont des transistors . Dans le deuxième cas , il y en a beaucoup plus , avec des connections bien plus subtiles , mais le principe de fonctionnement du transistor est le même . Donc principe unique , applications multiples .
Une autre comparaison est possible : les premiers jeux vidéos ( le tennis avec un trait blanc qui figurait la raquette et un point blanc qui figurait la balle ) étaient faits avec peut-être quelques centaines de ligne de programme ( je ne suis pas informaticien ) . Les jeux vidéos actuels ultra-perfectionnés doivent comporter probablement des millions de ligne de programme , mais le principe de base est le même .
Donc , certes le génome des métazoaires est infiniment plus complexe que celui des bactéries mais les principes de fonctionnement sont les mêmes . Une des grandes interrogations quand j’ai commencé mes études de médecine , c’était comment un organisme dont le génome , dont la taille permettait de programmer en théorie quelques dizaines de milliers de protéines , arrivait néanmoins à fabriquer plus d’un million de sortes d’immunoglobulines . Ce problème ardu a néanmoins été résolu par Susumu Tonegawa ( qui en a obtenu le prix Nobel de médecine ) . ( Se reporter aux travaux de cet auteur ) .
Par ailleurs , les problèmes de morphogénèse des organes sont en voie de résolution et comportent des solutions simples , si l’on prend par exemple le cas du Syndrôme de Cartagener , qui associe une inversion de la position des organes ( coeur , foie ) , une immobilité des spermatozoïdes à l’origine d’une stérilité , et des bronchites à répétition par dysfonctionnement des cellules ciliées bronchiques . Cette inexplicable association a reçu pourtant une explication simple : au début de l’organogénèse , un organe cilié et glandulaire , le noeud de Hensen , sécréte un certain nombre de substances morphogénétiques dont le cil du noeud de Hensen assure , par sa rotation , un gradient de concentration gauche droite , d’ou message concernant la latéralisation des organes . Une anomalie génétique des cils entraîne un immobilité de ceux-ci ( y compris au niveau du noeud de Hensen ) et donc l’ensemble des symptômes disparates sus-décrits . Donc , anomalie génétique très simple , mais vastes conséquences morphologiques et fonctionnelles dont l’explication , difficile à trouver , paraît maintenant triviale , sans aller chercher midi à quatorze heures comme vous semblez le faire dans votre article ...