Olivier bonjour. J’ai apprécié ton approche humoristique et c’est très bien d’avoir posé une autre borne. Ce qui suit est un peut indigeste mais justifie que ton utopie n’est pas sotte, car moins l’on travaille plus nous disposons de temps pour dépenser de l’argent, mais ce n’est pas la seule solution car celle-ci soutient une croissance qui nous tue.
Dans notre existence, l’incertitude s’associe à la probabilité de la survenance d’un désir dont nous anticipons les possibilités de réalisation en fonction des connaissances objectives ou subjectives que nous possédons de lui .
Ainsi, nous n’aurons « toujours » qu’une connaissance limitée, d’autant plus que l’ensemble sera complexe ou bien qu’un ensemble simple fasse intervenir un ensemble plus complexe qui nous conduira à des échecs. Ces échecs eux-mêmes accroîtront notre connaissance de toutes choses. Sauf que l’échec, produit de l’incertitude, culturellement nous nous en culpabilisons, et nous en punissons. De plus notre apprentissage est basé aussi sur un système punitif, qui va de la gifle au paradis, par défaut de connaissance de ce que nous sommes, car l’événement culturel accroît les contraintes de son exercice. Contraintes qui engendrent autant de systèmes punitifs inappropriés, que des approches superstitieuses, ou divinatoires pseudo scientifiques, graphologie, numérologie, astrologie etc. qui relèvent de l’escroquerie, car si cela pouvait être, ces gens serait des dieux. Le jour où l’un d’entre eux vous dira, à la seconde, à quelle heure le lendemain vous allez vous laver les dents, alors vous pourrez lui baiser les pieds. Pour l’instant les seuls qui soient exercés à de telles prédictions sont des scientifiques, et eux, qui sont capables de prévoir quand il y aura une éclipse, ils se gardent bien de prédire quand vous allez vous laver les dents. S’il en était autrement, il y a longtemps que les casinos de jeux et les jeux auraient fait faillite.
Ainsi nous humains qui sommes au-dessus de l’incertitude il n’est pas nécessaire de s’instruire, puisque nous avons depuis la nuit des temps nos devins, nos astronomes, nos messies (aujourd’hui en complet cravate), car nous sommes justes à côté de l’univers, dans une planète taillée à notre mesure livrée à notre arbitraire. D’ailleurs, c’est pour cela que lorsqu’un projet, une espérance, une réalisation ne se concrétisent pas suivant la prévision escomptée, qu’une erreur survient, nous sanctionnons, nous licencions, nous pénalisons car il n’est pas normal que nous nous trompions.
Et avec tous ces carcans censés nous apporter la certitude, nous ne parvenons pas à tous les coups à gagner au tiercé. Pourquoi ?
Sais-tu pourquoi nous ne parvenons pas à gagner à tous les coups ? Parce que nous ne sommes pas aussi grands que nous le croyons, nous n’avons qu’une illusion de notre grandeur. Et, pour comprendre l’événement, il nous faut arrêter les choses, arrêter le mouvement, peut-être parce que notre propre existence s’arrête aussi, et que nous ne savons pas, et ne pouvons pas raisonner en un Tout. En effet, même si notre cerveau photographie un paysage nous ne retiendrons que ce qui aura arrêté notre attention, des fragments (le reste se fixera dans notre cerveau sans que nous en soyons conscients de manière plus ou moins durable). Fragments que nous figerons dans une image passéiste, alors que le paysage aura changé dans la seconde même ou nous l’avons fixé. Ce changement aura échappé à notre regard, et heureusement, car sans cela, avec le traitement sélectif de notre cerveau actuel, nous ne pourrions rien fonder. Aussi, nous pourrions dire que nous sommes intelligents parce que le reste du Tout nous échappe, nous pourrions dire que nous sommes intelligents parce que nous n’avons pas accès à notre inconscient. Ainsi, nous perdons au tiercé parce que nous fixons une limite à la course. Mais imagine qu’elle n’en est pas : dix (10) chevaux s’élancent de 0 à l’infini, difficile de savoir quel est le meilleur, non ! C’est simple. Tous les 10 kilomètres tu relèves les ordres de passage. Arrivé à l’infini tu faits la moyenne de celui qui est passé le plus de fois en tête aux bornes des dix kilomètres, et tu as gagné. Tu as trouvé le meilleur cheval en établissant des positions moyennes, nous pouvons miser dessus. C’est certain ? Non ! Si tu faits le point tous les 15 kilomètres, cela en sera un autre. Ton utopie Ainsi, le meilleur ne sera pas le réel meilleur, mais celui que notre ordre aura défini.
Comme à l’infini, au Tout nous n’y avons pas accès, nous faisons donc partir 10 chevaux sur mille mètres. Il nous faudra alors étudier toutes les courses qu’ont faites ces chevaux, étudier l’état du terrain, étudier le parcours professionnel des jockeys, étudier la santé physiologique des chevaux et des jockeys, ainsi qu’étudier leur santé psychique. En procédant ainsi, nous aurons réduit l’incertitude. Il ne nous restera que la période entre la clôture des paris et le départ de la course, puis les aléas de la course elle-même. Ou, alors comme nous le faisons, nous jouons au hasard faute d’arriver à déterminer la probabilité de régularités gagnantes qui apparaîtront en fonction du nombre de chevaux et de joueurs.
Il en est également ainsi de notre existence et de son système « méritocratique » punitif. Son évolution est symptomatique de notre faculté à comprendre les événements, et faute de tout comprendre, nous recherchons toujours une imputabilité rassurante.
Pourtant, le plus souvent pour gagner, nous ne comptabilisons que les probabilités gagnantes, pas les perdantes. Ainsi, quand nous regardons ce que nous pouvons faire avec la monnaie, nous ne comptabilisons pas ce que nous ne pouvons pas faire parce que nous en manquons, parce que nous la raréfions. Nous avons à l’esprit, avec l’argent, une échelle de rapport comme si c’était un biorythme. Or, ce rapport est seulement culturel. Si nous nous demandions combien d’argent il nous faudrait pour réaliser les désirs que nous n’avons pas comptabilisés, l’impossibilité réelle n’est plus une question de quantité d’argent, mais de temps et de technologie (travail plus outils) parce que la vie ne suffirait pas à réaliser tous nos désirs.
Aussi, pour résoudre cette problématique, nous raréfions la monnaie, nous posons une borne de 0 à l’infini, et nous organisons des courses autour d’elle que nous pensons essentielles. En conséquence de quoi nous sommes amenés à nous poser des questions existentielles autour d’elle à la mesure de ce que nous avons appris. Pourtant, rien ne nous empêche d‘en définir une nouvelle à côté de celle qui existe (la rareté) pour que de 0 à l’infini, il y ait plus de gagnants. Puis nous en posons une autre, et encore une autre.
Il n’y a que nous, pour nous empêcher d’en poser, car nous avons fait de la diversité une confrontation, et non un échange en acceptant par facilité l’héritage de nos ancêtres qui avaient un besoin social de fabriquer des Vérités conquérantes.
Ainsi le travail pourvoyeur de revenus et distributeur inégalitaire n’est dans sont concept actuel pas irréversible il ne dépend que des normes que nous avons établi « conflictuellement » et parmi celle-ci une comptabilisation de cette activité qui développe dans son sillage une organisation efficiente engendré par la maîtrise de la lumière, du machinisme, de la technologie, de la communication, la conséquence en est que l’humain à été emmené dans le cadre d’une compétition de dépasser ses rythmes biologiques, ceux du sommeil, celui de l’effort continu dans la durée, celui d’une attention soutenu ou répétitive exclusive, des postures non conforme à la morphologie humaine, et j’en passe. 10 années comme administrateur dans une association de médecine du travail laisse des souvenirs, tu aurais pu t’y référer pour justifier sans équivoque ton approche.
Naturellement notre faculté d’adaptation à pour beaucoup contribuer à l’assimilation des contraintes posturales et psychologiques, allant même à s’inverser car l’on sait que l’absence de travail affecte beaucoup de personnes qui y sont en quête.
Heureusement que la médecine a suivit le progrès, on ne meurt plus de silicose, mais de cancer. Il suffit de se rendre dans les comités techniques des caisses régionales et réclamer la liste des maladies professionnelles reconnues pour ne plus douter que le travail tue.
Le reconnaître n’est pas en faire son procès car nous pourrons dans un avenir proche nous passer de certain biens faute de matière première, mais jamais de ce qu’il est nécessaire de manger pour vivre.
Bien évidemment l’on peut travailler différemment il suffit de modifier la borne des 10 kilomètres, mais ceux qui sont les gagnants sur cette distance ne l’entendent pas de cette oreille car ils y ont établi leur puissance et s’appuient comme tous les tyrans (lire le discours sur la servitude volontaire de la Boétie) sur le renoncement à l’effort.
Cordialement.
07/11 10:28 - Julien H
L’auteur de cet article, qui cite si bien la bible à propos de la punition du travail, (...)
19/08 16:02 - martin
Bonjour à tous... J’ai bien aimé votre article Olivier... mais je vois que vous êtes un (...)
18/08 00:31 - Frabri
Regardez les oiseaux du ciel ; ils ne sèment ni ne moissonnent ils n’amassent pas dans (...)
17/08 14:50 - Geoffroy Carrier
Non. Les chances de mourir sont toujours de 1. A votre naissance, vous avez toutes les chances (...)
12/08 08:21 - cikawasay
J’ai été outré d’apprendre cette diatribe prononcée récemment par un ministre (...)
12/08 08:01 - Bof
Bonjour Monsieur, Je viens de parcourir quelques commentaires . Au moment où Monsieur (...)
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