Excellent article d’Yves Rosenbaum.
La Spéculation est la cause première de toutes les dérives financières. L’ennui c’est qu’elle est indissociable du système boursier qui est conçu comme un « Jeu », et la comparaison de Keynes « Bourse = Casino » est particulièrement pertinente. L’excitation atteint des sommets quand on réalise « un bon coup »... L’adrénaline coule à flot chez les golden boys (ainsi que pas mal d’autres substances), mais aussi chez leurs clients eux-mêmes gagnés par la fièvre de l’argent facile sans que corresponde en face dans la colonne débit le moindre effort créatif ni productif.
Tout comme le casino, la spéculation en Bourse produit un effet d’addiction collective qui ouvre la porte à tous les excès. Ce monde n’est pas raisonnable, il navigue dans le virtuel complet jusqu’à ce qu’enfin un vol de papillon provoque un cyclone qui fait s’écrouler l’édifice.
Et le commentaire extrêmement pertinent de Forest Ent — sur la relation ambiguë existant entre médias et information boursière — amène à se poser sérieusement la question de la separation des pouvoirs dans le secteur media-finances-assurances.
L’hyper-concentration des casquettes sous des étiquettes différentes cache mal la mise en coupe réglée de l’épargne individuelle...
Il y a une trentaine d’années la BNP avait pour slogan : « VOTRE ARGENT M’INTERESSE »... Ca avait au moins le mérite de la franchise !
Elle aura été parmi les premières à « geler ses plans », c’est à dire ne plus tenir ses promesses. Les placeurs privés ne peuvent plus récupérer leur avoirs tant que la situation ne s’est pas assainie... Mais ça peut durer des années ?...
Qu’on révise les arnaques du passé. Qui se serait douté des spoliations monstrueuses dont ont été victimes les acheteurs de « Sucre » dans les années 50, ou les porteurs de l’Emprunt Russe avant la révolution bolchevique ? Ou plus près de nous la spéculation effrénée sur le « Placement-diamant » des années 80 ou la bulle Internet de 2000.
Provoquant à chaque fois, comme un chemin de dominos, un enchainement de « ruines personnelles » plus graves que les destructions immobilières causées par des bombardements.
Cette perspective d’effondrement du marché immobilier va beaucoup plus loin que l’effondrement d’un immeuble le 11 Septembre 2001, et elle touchera en priorité tous les pays qui sont surtout liés au dollar. Autrement dit, tout le monde, mais avec plus ou moins de sévérité.
Nous assistons à l’halali d’un « système » (et d’un Empire) dont nous ne mesurons pas encore toutes les conséquences politiques. L’Europe peut encore tirer ses billes et, avec Chine/Inde pour second pôle, prendre bientôt le leadership mondial.
Paradoxalement, dans ce schéma ça pourrait être le Chine le modèle le plus capitaliste des deux. La prise de conscience d’une certaine relativité de l’argent par rapport à la qualité de vie en Europe pourrait nous amener à inventer un nouveau modèle social beaucoup plus écologique, et surtout « économico-logique ».
Ca modifiera évidemment les niveaux de prix sur le marché français, mais pas dans des proportions très importantes. Au pire une annulation des hausses de ces dernières anneés mais les gens auront toujours besoin de se loger. La question est de savoir s’ils auront toujours l’argent pour le faire... parce que comme on dit : « Quand le bâtiment va, tout va ! »...
Ca fait des années que je le dis sur mes differents sites, l’économie américaine est déclinante et l’Empire est au plus mal.
L’ennui c’est que, aussi bien au niveau financier que politique, on est dirigés en Europe par des gens qui font toujours confiance à ce modèle périmé.