« Vous avez dit que si l’eo devenait indispensable en remplacement de l’anglais rien ne changerait. Mais au contraire beaucoup de choses changeraient à condition que nos pouvoirs public écoutent bien les recomandations des experts et sur ce dernier point c’est la ou c’est le plus difficile. »
Tout dépend des recommandations des experts. Et également de ce que vous entendez par « pouvoirs publics ». Parce que ce ne sont pas les « pouvoirs publiques » au sens généralement admit (mention spéciale à skirlet qui comprendra) qui peuvent permettre une augmentation significative du nombre de professeurs dans telle ou telle branche, et moins encore dans telle ou telle matière.
« Dans un de mes articles j’avais affirmé qu’en introduisant l’eo dans le circuit scolaire des langues actuel ( du CE1 bientot jusqu’en terminale) en placant au départ l’eo de la chaine d’apprentissage, c’est à dire en premiere langue à apprendre pour commencer par le plus facile il était possible de permettre au college d’apprendre par la suite deux autres langues au choix. Comme l’eo serait la langue dite importante l’anglais perdrait sa place premiere dans le secondaire et donc un rééquilibrage des ensaignants se ferait, c’est à dire baisse de l’anglais, monté de l’allemand, de l’italien et augmentation d’autres langues dites minoritaires dans le systeme éducatif. »
Donc si j’ai bien compris, l’idée c’est que du CE1 jusqu’au CM2, on apprenne l’espéranto et qu’ensuite on choisisse deux langues nationales au choix pour le reste de la scolarité (avec éventuellement continuation marginale de cours sur l’espéranto, qui s’apparenteraient plus à des cours de littérature que des cours de linguistique, puisque l’espéranto serait théoriquement acquis), c’est bien ça ? C’est une idée très intéréssante, très innovante et qui effectivement placerait sur un pied d’égalité toutes les langues... si on vit à Paris ou dans une autre grande ville telles que Lyon ou Marseille, là où il y a profusion de professeurs. Car je le répète, les pouvoirs publiques n’ont pas le pouvoir d’augmenter de manière significative le nombre de professeurs de langue... surtout s’il y a plus de demande que d’offre d’emplois. Si on vient de province ou même de la banlieue parisienne, on a en général deux à trois langues disponibles. Certes, l’anglais y est systématiquement, mais c’est pratiquement le cas de l’espagnol et l’allemand est également en bonne place. Admettons que j’ai appris l’espéranto en primaire. Une fois arrivé au collège, j’ai le choix entre... anglais et espagnol. Je fais quoi ? Et bien je prend anglais et espagnol. Si j’ai vraiment de la chance, je dispose de l’allemand comme choix supplémentaire, voire de l’italien ou du portugais. Marginalement, si mon établissement est dynamique et si le recteur d’académie à le proviseur à la bonne, il se peut que j’ai quelques langues plus « exotiques » telles que le japonais ou le mandarin, mais c’est excessivement rare.
Alors on aurait certes plus de supprématie de l’anglais, mais on aurait un partage quasi-systématique entre trois langues que sont l’anglais, l’espagnol ou l’italien et l’allemand. Les autres langues seraient dans la même situation qu’auparavant. Donc il y a certes des changements, mais plutôt en ce qui concerne l’égémonie de l’anglais. Pour bénéficier d’une véritable diversité linguistique il faudrait ou bien habiter à Paris, ou bien qu’il y ai un soudain angouement pour l’enseignement des langues, qui permettrait à un petit lycée de province (du genre lycée normand à 700 élèves) de disposer d’un large panel de langues. Ca serait bien, mais je ne pense pas que l’on puisse raisonnablement compter là-dessus pour promouvoir la diversité linguistique.
« En plus en effectuant une bivalance eo+autres langue au niveau des enseignants, il serait beaucoup plus facile d’apprendre la deuxieme langue vivante par l’apport conjoint de l’eo. c’est ce que je suis en train de découvrir dans mon réaprentissage de l’anglais, l’eo m’aide beaucoup pour comprendre la syntaxe anglaise (bien sur ce n’est que ma pauvre expérience qui vous ferat bien glousser de rire). »
Pour ma part, c’est l’apprentissage du latin qui m’a énormément aidé à comprendre l’anglais (assez paradoxalement, étant donné que l’anglais est un agrégat de différentes déformations de langues latines, le tout saupoudré d’un fort germanisme). J’ai par ailleurs du mal à croire que l’espéranto, dont les racines sont multiples, puisse réellement accroître la facilité d’apprentissage des langues dont il est lui-même tiré. Cela peut peut-être aider pour certaines formes dont la racine est en commun avec la langue apprise, mais autrement, pour 40 à 60% du vocabulaire et de la construction (d’ailleurs, étant donné que plusieurs constructions sont possibles, pour permettre aux natifs de toutes les langues de s’exprimer sans renverser le principe de formation de leur langue natale, je vois mal comment pour un natif du français qui aurait appris à parler espéranto sous la forme sujet-verbe-objet la forme syntaxique pourrait lui apporter un avantage pour apprendre l’anglais, qui est une langue de la forme sujet-objet-verbe) sont totalement différents, selon la langue apprise.
« De plus il est tout a fait possible de penser que la bivalence des enseignants puisse ammener une plus grande diversité de langue dans un même lieu, car le fait que l’enseignant soit bivalant va faire que pour un quota d’heures égale il se répartira sur deux types de cours. je me souviens que mon enseignante de russe fesait plusieurs colleges et lycées pour que sa rentabilité soit maximum et donc évite de fermer des classes de russe. En y introduisant la bivalence il serait tout à fait possible d’introdure une voire deux autres langues minoritaire en plus par college (donc dans une ville moyenne on pourrait facilement avoir 6 à 10 langues monirotaires en plus) tout en gardant la rentabilité maximale de l’enseignant sans augmenter le cout de l’éducation nationalle dans l’étude des langues par tous les avantages de l’eo comme j’avais plus le décrire dans un article sur agoravox. »
Ca, c’est un autre débat. D’ailleurs, l’idée n’est vraiment pas mauvaise, à condition d’imposer un cadre légal dans lequel la bivalence de l’enseignement pourrait être possible. Mais je crois que de ce côté-là, il s’agit avant tout d’un débat syndical. Ceci-dit, si tous les professeurs d’espéranto enseignaient en parallèle une autre langue au collège, le problème soulevé au début de ce message serait du même coup reglé. Mais ce genre de proposition passe très difficilement auprès de la FSU. A creuser.