• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile


Commentaire de Patrick Adam

sur Moines contre Mollahs : question tolérance 1 à 0 pour les moines


Voir l'intégralité des commentaires de cet article

Patrick Adam Patrick Adam 8 septembre 2006 10:22

@ Ibraluz

Décidément pour un amateur (ou joueur) de rugby, vous n’avez retenu de ce jeu que le bottage en touche qui est loin d’être la phase la plus impressionnante d’une partie. Souffrez que je préfère les mêlées ou les coups de pied à suivre. la touche, c’est toujours quand on se sent coincé. Travestissant le verset du Coran que je vous ai cité : « Il [Dieu] vous propose des exemple tirés de vous-mêmes. Prenez-vous vos esclaves, que vos mains vous ont acquis, pour vos associés dans la jouissance des biens que nous vous avons donnés, au point que vos portions soient égales ? Avez-vous pour eux cette déférence que vous avez pour vous ? C’est ainsi que nous exposons nos enseignements aux hommes doués d’intelligence ». Vous nous sortez une nouvelle version façon Wall Street : « Messieurs les capitalistes prenez-vous vos ouvriers, que vous avez embauchés, pour vos associés, dans la jouissance des biens qu’ils vous font fructifier, au point que vos portions soient égales ? Avez-vous cette déférence que vous avez pour vous ? » Bien essayé, mais ça ne marche pas.

I - Une fois de plus vous faites semblant de déplacer le terrain de jeu en croyant qu’il peut se dérober sous nos pas comme un tapis volant. En effet, le verset cité (et je pense que je ne suis pas le seul à le juger ainsi) est une réflexion sur la l’attitude que l’homme doit avor envers Dieu et non un commandement pour assouplir les relations entre les humains. Les versets précédents et suivants attestent parfaitement de cette lecture. La votre n’est qu’un détournement. Mais vous pourriez aussi lire : « Messieurs les Martiens, prenez-vous les extra-terrestres d’Orion ou du Centaure que vous avez fait venir pour travailler sur votre planète, pour vos associés, dans la jouissance des biens qu’ils vous permettent d’exploiter avec vos vaissaux spatiaux, au point que vos dividendes soient égaux ? Avez-vous pour eux cette notion de justice sociale que vous avez pour vous ? »

Dans votre bottage en touche digne du grand Villepreux vous dites : « Il s’agit d’interrogations, apparemment. Rappeler aux classes possédantes leur comportement « traditionnel », tout-à-fait légal, voire constitutionnel, est-ce justifier celui-ci ? Je vous le demande. » Mais moi je vous demande : est-ce précisément le but d’un texte « sacré » de rappeler ces comportements ? Quel but cherche ce dieu qui envoie un délégué pour rappeler aux hommes ce qu’ils voient chaque jour et surtout pour FIGER les comportements les plus inhumains d’une société. Dois-je vous rappeler l’attitude que l’on rencontrait encore il y a peu en Mauritanie concernant « l’usage » des esclaves, tradition qui est rapportée par le chercheur mauritanien M. Abdallahi Hormatallah « jusque dans un passé récent, lorsque chez les Maures une esclave tardait à avoir des enfants, on pouvait l’attacher pendant quelques jours les jambes écartées pour satisfaire les gens du voyage passant par le campement, afin de faire naître de nouveaux esclaves ».

Vous osez écrire comme le pire des esclavagistes : « l’affranchissement a préservé le lien social, imposant, à l’ancien maître et au nouvel homme libre, un devoir mutuel et privilégié d’entraide... » Que dit M. Hormatallah à ce sujet : Chez les Maures, face à la multiplication des esclaves, une grande partie devient inutile aux tâches domestiques. On les place donc dans des campments isolés de ceux des maîtres. [c’est sans doute le « lien social » dont vous parlez]. Ils restent à leur disposition pour les réceptions de mariages, baptêmes, ou pour les guerres, et ils représentent la goire de la famille à laquelle ils appartiennent. Ce phénomène est propre à remettre en question l’avaluation du nombre d’esclaves en Mauritanie fournie par Human Rights Watch (100 000) qu’il faudrait revoir à la hausse." Texte écrit en 2005...

Figurez vous que des Hartani (esclaves affranchis) j’en ai vu quelques-uns à Smara et dans les alentours venir « servir » leurs anciens maîtres à l’occasion des mariages et j’ai été écoeuré de cette hypocrisie que vous appelez « lien social »... Les maîtres allongés sur des tapis comme des odalisques, incapables de faire un effort pour tendre la main povers un verre de thé, et servis de la façon la plus dégradante et obséquieuse qui soit par des hommes encore inférieurs à eux dans leur tête. Bel exemple d’humanisme pour les donneurs de leçons de morale à l’Occident corrompu....

Pour ce qui est de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, je pensais que vous mettriez un point d’honneur à nous montrer comment elle était perçu dans l’univers musulman et non les déficiences qu’elle rencontrait dans les pays occidentaux. Encore un superbe bottage en touche. Vous devriez prendre contact avec Jo Maso.

II - Pour ce qui est des textes fondateurs, vous dites : « Quant à l’affirmation selon laquelle « il existait différents recueils du saint Coran tout comme il y avait plusieurs évangiles », elle présuppose des différences CONNUES entre ces recueils, tout comme sont connues les différences entre les évangiles. »

Superbe bétise... Désolé, mais ça aussi, ça ne passe pas. Vous parlez de « différences connues » pour des textes qui ont tous disparu... Bravo. Je sais bien que vous croyez aux miracles (cf. votre tour de passe-passe sur la croix et tant de hauts faits à mettre au compte de Mahomet), mais la ficelle est un peu grosse. Différents Evangiles EXISTENT parce qu’ils ont été conservés par la tradition chrétienne (même certains apocryphes), les différents Coran ont tous été éliminés, exploit qui n’était pas difficile à accomplir à l’époque, d’autant qu’à ma connaissance que ce soit à l’université d’Al Azar du Caire ou ailleurs, il n’y a jamais eu d’« Enfer » comme il en existe dans la bibliothèque vaticane surtout après le bel incendie de la Bibiothèque d’Alexanndrie, exploit dû à l’émir Amrou Ben Al-as obéissant à un ordre du calife Omar venu de Bagdad.

Plus loin vous dites : « Il semble bien que vous n’ayez pas vraiment mesuré l’ampleur et la profondeur du caractère sacré du Coran pour les musulmans, et ce, dès les premières révélations mecquoises... » Mais mon pauvre monsieur, c’est parce que justement j’ai parfaitement « mesuré » cette « ampleur » que j’écris aujourd’hui sur ce que je vois des sociétés régies par ce texte fondateur. C’est précisément ce hïatus gigantesque entre raison et foi aveugle qui me font réagir et chercher où se trouve l’erreur. Vous parlez des premières révélations mecquoises, je veux bien, mais si elles avaient été aussi lumineuses pour tous les Arabes du coin, il y aurait peut-être moins de menaces dans ce texte. Car il semblerait au contraire que les « heureux bénéficaires » aient été un peu dur d’entendement.

Et dernière flèche, vous dites : « La suite du Saint Verset 217 de la sourate 2 précise : « Or, ils NE CESSERONT de vous combattre jusqu’à, s’ils peuvent, vous détourner de votre religion ». Je vous concède que la traduction rend très mal le sens de « يla yazalouna », un inaccompli qui indique, ici, une absence de rupture, une continuité ininterrompue, dont vous devriez, cependant, comprendre l’esprit, vous qui combattez, sans relâche, notre religion « archaïque ». » Là excusez-moi, pour moi c’est du chinois ou de l’hébreu... Je ne comprends strictement rien à votre prose et lecture « éclairée ». Je baisse donc le rideau et je regagne derechef le domaine de la raison. Franchement je préfère lire un peu de Montaigne ou de La Bruyère.

Patrick Adam

PS. J’imagine que vous mettrez un point d’honneur à répondre aux différents sujets soulevés et pas d’en picorer deux ou trois au gré de votre fantaisie. Votre « honnêteté intellectuelle » s’en porterait sans doute un peu mieux. J’attends toujours (en autres, parce que la liste est longue de vos silences éloquents) votre interprétation sur le verset de la Sourate VI « Le bétail », verset 147 : « Pour les juifs, nous leur avons interdit tous les animaux qui n’ont pas la corne du pied fendue ; nous leur avons également défendu la graisse des boeufs et des moutons, excepté celle du dos et des entrailles, et celle qui est mêlée à des os. C’est pour les punir de leurs iniquités. Nous sommes équitables ».

Bon appétit.


Voir ce commentaire dans son contexte





Palmarès


https://merdekakreasi.co.id/buku/pkvgames/https://merdekakreasi.co.id/buku/bandarqq/https://merdekakreasi.co.id/buku/dominoqq/https://merdekakreasi.co.id/tentang-kami/