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Commentaire de ddacoudre

sur Le hasard et la volonté


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ddacoudre ddacoudre 29 septembre 2007 19:36

Bonjour cephale.

C’est clair que faute de pouvoir tout comprendre, nous instaurons des réglés, dont certaines nous renseignent sur la survenance d’un évènement en jouant quelques part sur l’invariance d’échelles.

La lenteur du déroulement de notre existence nous permet d’en saisir des fragments que nous codifions par les mathématiques par exemple, et nous nous les assignons par le mimétisme l’apprentissage. Ainsi nous nous donnons une représentation globale et commune ou collective saisissable donc ajustable.

L’apprentissage nous assure une certaine stabilité qui nous permet d’édicter des principes réfutables qui trouverons un jour leur terme, car si l’apprentissage était une constante nous serions toujours des hommes de Cro-Magnon, parce que je doute, si nous les avions soumis à une enquête d’opinion, qu’ils eussent été favorable à leur évolution morphologique et coutumière. Mais pourtant nous trouvons des espèces identiques depuis des lustres qui indiquent donc que l’évolution n’est pas linéaire. Ce qui se traduit corrélativement pour nous, que les hommes atteignent les buts qu’ils se fixent, mais différemment de ce qu’ils les avaient imaginés. S’il en était autrement notre existence serait déterminée, elle l’est certainement mais pas à notre perception. A notre mesure nous utilisons comme tu l’indiques des statistiques qui fixent la survenance de probabilité que nous attribuerons par l’observation à l’entraîneur comme dans ton exemple, cela sans connaître les réelles motivations de chaque individu. Cette approche matheuse est utile sous réserve qu’elle ne serve pas, comme tu l’as si bien expliqué, à en retirer une valeur autre qu’indicative de la personne. Mais ce n’est généralement pas ce que nous faisons par estime de soi par nécessité de choix.

J’ai résumé cette difficulté de notre condition humaine au travers de la recherche du gain au tiercé.

Savez-vous pourquoi nous ne parvenons pas à gagner à tous les coups ? Parce que nous ne sommes pas aussi grands que nous le croyons, nous n’avons qu’une illusion de notre grandeur.

Et, pour comprendre l’événement, il nous faut arrêter les choses, arrêter le mouvement, peut-être parce que notre propre existence s’arrête aussi, et que nous ne savons pas, et ne pouvons pas raisonner en un Tout.

En effet, même si notre cerveau photographie un paysage nous ne retiendrons que ce qui aura arrêté notre attention, des fragments (le reste se fixera dans notre cerveau sans que nous en soyons conscients de manière plus ou moins durable).

Fragments que nous figerons dans une image passéiste, alors que le paysage aura changé dans la seconde même ou nous l’avons fixé. Ce changement aura échappé à notre regard, et heureusement, car sans cela, avec le traitement sélectif de notre cerveau actuel, nous ne pourrions rien fonder.

Aussi, nous pourrions dire que nous sommes intelligents parce que le reste du Tout nous échappe, nous pourrions dire que nous sommes intelligents parce que nous n’avons pas accès à notre inconscient.

Ainsi, nous perdons au tiercé parce que nous fixons une limite à la course.

Mais imaginez qu’elle n’en est pas : dix (10) chevaux s’élancent de 0 à l’infini, difficile de savoir quel est le meilleur, non ! C’est simple. Tous les 10 kilomètres vous relever les ordres de passage. Arrivé à l’infini nous faisons la moyenne de celui qui est passé le plus de fois en tête aux bornes des dix kilomètres, et nous avons gagné.

Nous avons trouvé le meilleur cheval en établissant des positions moyennes, nous pouvons miser dessus. C’est certain ? Non !

Si vous faites le point tous les 15 kilomètres, cela en sera un autre.

Ainsi, le meilleur ne sera pas le réel meilleur, mais celui que notre ordre aura défini.

Comme à l’infini, au Tout nous n’y avons pas accès, nous faisons donc partir 10 chevaux sur mille mètres. Il nous faudra alors étudier toutes les courses qu’ont faites ces chevaux, étudier l’état du terrain, étudier le parcours professionnel des jockeys, étudier la santé physiologique des chevaux et des jockeys, ainsi qu’étudier leur santé psychique. En procédant ainsi, nous aurons réduit l’incertitude. Il ne nous restera que la période entre la clôture des paris et le départ de la course, puis les aléas de la course elle-même. Ou, alors comme nous le faisons, nous jouons au hasard faute d’arriver à déterminer la probabilité de régularités gagnantes qui apparaîtront en fonction du nombre de chevaux et de joueurs.

Il en est également ainsi de notre existence et de son système « méritocratique » punitif. Son évolution est symptomatique de notre faculté à comprendre les évènements, et faute de tout comprendre, nous recherchons toujours une imputabilité rassurante.

Cordialement.


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