Bernard Dugué,
Je n’ai pas l’impression que Todd invente la poudre avec son livre ; du moins d’après votre retour. Il reprend gentiment l’evolution des critères classiques de la modernité dans une partie du monde islamique. Tout observateur averti (la grande presse n’est pas d’un grand secours) devrait l’avoir noté.
En revanche, une analyse par pays révèlerait que les ordonnateurs et les vecteurs ne sont pas les mêmes partout. En Iran par exemple, ce sont les mollahs qui les ont ouverts à toute la société. Et surtout, ces évolutions sont loin d’être un flot constant car intrinsèquement liées à des facteurs exogènes.
En réalité elles ne sont que le produit et non le générateur du RDV des civilisations dans la modernité (Y a-t-il d’ailleurs un sens à ça vu que c’est l’adoption de valeurs occidentales, dont un déplacement unilatéral ?). L’élément clé et le seul véritablement opérant reste la politique et notamment la géopolitique. Depuis le début les tyrans imbéciles et rétrogrades ont été adoubés contre les démocrates et les progressistes. Le résultat est là et le restera tant que la force et la ruse seront les seuls principes des relations occident/orient et ailleurs.
Se restreindre à une analyse monodisciplinaire me semble passer à côté de l’essentiel. Dans cet échange, les interventions de Fouad sont riches de vérités.