Dan51,
Votre réaction est intéressante, en ce sens qu’elle est caricaturale de ce qui se passe lorsqu’on remet
en question les certitudes des gens dans le domaine des langues : impolitesse, agressivité,
grossièreté, le tout saupoudré d’affirmations gratuites sans aucun élément scientifique à l’appui,
aucune source. Etes-vous incapable de discuter sans insulter les gens ?
L’étude en Allemagne sur les enfants turcs dont je parlais a été publiée par Harmut Esser, sociologue
réputé (source : Courrier international). Il mentionne en outre le fait que la plupart des études sur ce
sujet (au Canada notamment) présentent des lacunes statistiques scandaleuses, des biais
méthodologiques, bref, qu’elles ne sont pas sérieuses et ne servent qu’à soutenir les opinions
préconçues des uns ou des autres. Ce n’est pas de la science, mais du dogmatisme.
De même, lorsque vous vous basez sur votre propre exemple familial, qui est valable comme
exemple, vous ne pouvez en déduire une vérité définitive pour tous, ce serait faire abstraction des
contre-exemples.
Par ailleurs, un enfant n’est jamais isolé du milieu ambiant : dans la rue, les magasins et surtout à
l’école, il baignera dans un environnement germanophone, et même davantage que sa présence au
domicile à mesure qu’il grandira. Ce qui explique la difficulté des études sur ce sujet car on ne peut
vraiment isoler tel ou tel facteur.
Je n’ai pas dit que l’apprentissage précoce n’était pas un avantage, relisez !, mais que c’était un
avantage parmi d’autres, pas plus important qu’un enfant qui apprendrait à jouer du violon avec ses
parents. de plus, tous le polyglottes vous confirmeront que les langues s’oublient très vite. En outre,
pourquoi imposer l’anglais alors qu’on reconnaît maintenant que les entreprises ont aussi besoin
d’autres langues ? Ce sujet n’est pas simple, alors que vous vous contentez d’affirmations simplistes.
Ca va peut-être vous surprendre, mais je vous signale que les neurones se connectent entre eux
même sans faire d’anglais précoce !
"Certes leur cerveau est identique, mais ils leur a manqué une ouverture d’esprit dès la plus
petite enfance"
Une nouvelle fois, relisez ! je préconise l’apprentissage précoce linguistique non spécialisé
dans une langue, avec apprentissage de plusieurs alphabets, et de phrases dans différentes
langues européennes, afin d’apprendre les sons qui n’existent pas en français, et de
« connecter des neurones » comme vous dites.
Quant à l’ouverture d’esprit, la France est un des pays qui passe encore des films autres que ceux de
Hollywood, le festival de Cannes est plus que célèbre, et les francophones non français nous
reprochent au contraire de ne pas être fiers de notre langue, de se laisser bouffer. Dans des situations
de colonialisme (ici, linguistique) dénigrer sa propre langue et sa culture a été de tous temps été
l’attitude de « l’éite » du pays, adopter la langue colonisatrice, envoyer ses enfants en séjour
linguistique chez les maîtres du moment, etc. etc.
Au fait, pourquoi ne dites-vous pas des Anglais et des Etasuniens qu’ils sont « nuls en langue » que
c’est « à se terrer de honte » ?
Alors, peut-être que dans votre milieu -probablement en affaires avec le monde anglosaxon-, on se
moque des Français, mais rire avec eux ne montre que votre soumission. Mieux vaut se montrer fier
de sa langue et de sa culture.