Je dis simplement qu’on ne peut pas d’un côté avoir reproché aux Etats-Unis depuis 1971 d’avoir utilisé à leur avantage le fait que le dollar soit la monnaie des échanges internationaux, et maintenant crier au loup lorsque l’euro est en train de commencer à la remplacer.
C’est une vraie chance pour nous que l’euro soit en passe de devenir la prochaine monnaie internationale, nous devrions nous en réjouir !
C’est plutôt aux américains de s’inquiéter de cette situation. Mais ils l’ont cherchée. On ne vit pas impunément pendant 40 ans aux dépens du reste du monde, en lui faisant payer des déficits jumeaux (budgétaires et commerce extérieur) et en exportant son inflation sans se retrouver un jour ou l’autre à payer la note.
Le déclencheur est évidemment le prolongement de la guerre en Irak. Celle-ci coûte cher, trop cher, et ca commence à se voir que la planche à billets verts tourne à plein régime.
D’où la propension de plus en plus forte des marchés à effectuer un certain nombre de transactions en euros.
Quant à votre exemple : si les marchés internationaux demandent 2x milliards, on leur donnera 2x milliards, même si on avait prévu au départ 1x milliard seulement. On donne au marché les liquidités dont il a besoin, à moins que l’on veuille absolument déclencher une crise de confiance. Un marché sans liquidités se casse la figure (cf crise des subprimes), et ca fait très mal.
Il faut tout de même savoir que ce ne sont plus (et depuis un bon moment déjà) les banques centrales qui décident directement du niveau de création monétaire. Elles ne font qu’influer indirectement sur celle-ci, au moyen de différents instruments.
Parmi ces instruments, on notera le taux d’intérêt directeur, le taux de réserve obligatoire, les émissions ou rachats de titres obligataires, et les interventions sur le marché interbancaire. L’important n’est pas la résultante directe de ces actions, mais les conclusions qu’en tirent les agents financiers et économiques.
C’est un peu court ici pour faire un descriptif complet, mais je suis sûr que si vous vous y intéressez, vous trouverez sur internet de plus amples informations à ce sujet.
Quant à l’évolution, bien sûr qu’elle n’est pas « plan plan ». Mais elle est cependant hautement souhaitable. Sans vouloir trop m’avancer, je ne serais pas trop étonné si la courbe ascendante de l’euro s’entretienne tant que le pétrole monte.
Si on perdait l’effet « amortisseur » d’un euro fort vis-à-vis du pétrole, alors les pressions inflationnistes en Europe seraient vraiment très importantes. Et les instruments qui resteraient à la BCE pour limiter l’inflation seraient beaucoup plus dommageables pour l’économie européenne que le niveau actuel de l’euro.
En effet, celle-ci serait obligée d’augmenter les taux d’intérêts pour limiter l’inflation ce qui toucherait l’ensemble des acteurs économiques européens, alors qu’un euro fort n’est un handicap que pour les entreprises qui exportent en dehors de la zone euro.
En d’autres termes, les pertes en terme d’exportations dûes à un euro fort sont un moindre mal par rapport au ralentissement inévitable de l’ensemble de l’économie européenne si la BCE était obligée de remonter ses taux d’intérêts pour l’imiter l’inflation dûe à la hausse du pétrole.
En clair, la BCE laisse filer l’euro à des sommets, et elle a bien raison.