Quiconque s’est un tant soit peu intéressé aux marchés monétaires, tant dans la théorie qu’en qualité de cambiste, abondera dans le sens de Nemo : une prime s’attache de facto au rôle de monnaie-étalon. Pourquoi, sinon, les Etats-Unis auraient-ils pu assumer un déficit colossal de leur balance des paiements, comment auraients-ils sans aucune difficulté refinancé cette dette sur les marchés internationaux ?
En revanche, la désaffection envers une monnaie quelconque se paie très chers. Les Etats européens qui pratiquaient la dévaluation compétitive avant de se convertir à l’euro en font, encore aujourd’hui, lourdement les frais. L’exemple belge est significatif. Devenue indispensable face à un endettement frisant les 136% du PIB, sa dernière dévaluation intervenue à l’aube des années ’80 coûta très cher au Luxembourg dont le franc suivait contractuellement son « grand » frère belge. Mais, une fois ce grand frère arrimé au deutsche mark, les deux devises reprirent des couleurs, la belge trouvant le courage de lourds sacrifice pour accéder à l’euro où la luxembourgeoise avait toute sa place, si ce n’est une absence de benchmark obligataire faute de dette.
La France, plus encore que l’Italie (sic), demeure en position de faiblesse. Pour avoir campé sur une illusoire souveraineté monétaire, elle figure parmi les mauvais élèves de la classe euro, ne cessant de creuser son déficit tout en appauvrissant ses populations. Et, tout ministre des Finances qu’il fût, ce n’est certes pas Sarkozy qui imprimera une politique vertueuse à son pays.
Sous ses dehors matamoresques face aux caméras, il consent d’absurdes dépenses (cfr. les aides au secteur de la pêche) sans lendemains.