Tous ce que vous dites est vrai et pourtant insuffisant. Comme souvent, la Russie caricature certains de nos comportements avec toutefois moins d’efficacité.
L’intervention de l’État est lourde, maladroite, marquée par la culture d’entreprise chekiste qui pense que tout étant politique, il faut tout contrôler. Ainsi un de mes amis a été convoqué par le FSB parce que celui-ci craignait que la traduction d’Asterix en Russe ne soit une provocation anti Poutine...
En revanche, l’État, ou plus tôt les milieux parapublics financés par l’état, interviennent sans doute globalement beaucoup moins que chez nous en matière de financement de la culture et surtout de norme culturellement correcte.
Il me semble qu’il y a moins d’académisme bien pensant, plus de diversité et de vrai originalité dans les milieux culturels russes qu’en France par exemple. Pour bénéficier d’achat sur fond public, d’avance sur recettes, etc, il faut passer par les fourches caudines de commissions dont le caractère collectif et incestueux garanti l’élimination de toute vrai originalité.
Le regard condescendant de certains galeristes occidentaux avant gardistes sur les production locales en dit long sur le coté normatif très ligne générale, qu’a pris l’art chez nous.
La qualité des enseignements artistiques en Russie a donné à une très large frange de la population un niveau qu’on aimerai connaître chez nous.
Dans le milieux les plus simples, il est rares qu’on ait pas un ou plusieurs tableaux chez soi par exemple ; que l’on écrive des poèmes, etc...
Il est très russe, très vrai et très difficile à expliquer à des occidentaux qu’il y a parfois plus de liberté, notamment intérieure en certains domaines en Russie qu’en Occident. Un État moins efficace à en réalité moins d’emprise sur la société. L’ensemble de la population a l’habitude de garder ses distances avec le discours officiel.
Et puis même dans les productions de propagande il reste une « liberté russe ». Il y eu un feuilleton patriotique sur des sous mariniers qui quittent leur base en Ukraine et se retrouvent dans le nord. Même là , les rapport avec les nationalistes ukrainiens et ceux des russes qui restent à Sebastopol pour ne pas perdre leur Datcha, n’avait pas le caractère manichéen des séries télévisée du service public français ou on nous explique toujours assez lourdement qui sont les bons et les méchants.
Comme occidental, la politique de Poutine m’est dans l’ensemble peu sympathique. En ce qui concerne le domaine culturel, promouvoir, financer, une culture très identitaire, dans un pays qui est justement très en mal d’identité n’est ni forcément absurde ni forcément scandaleux même si cela est un peu inquiétant au regard de NOS valeurs, et correspond dans une certaine mesure à une large demande sociale. Dans ce domaine spécifique, la politique russe ne me parait pas pire que l’espèce de conformisme anti conformiste mou et élitiste sans aucun relais dans la population qui caractérise notre politique culturelle.
Sa logique est soi disant celle d’une compensation concentrant les fonds publics sur "les points aveugles du marché", c’est-à-dire en gros, sur ce qui n’intéresse personne.
Les milliers d’oeuvres achetées dans le cadre de l’aide à la jeune création ne sont peu ou pas montrées.
On peu penser ce que l’on veut de Glazounov, notamment dans sa période patriotique, mais il plait incontestablement à un partie du public russe.