Évidemment qu’on ne nous met pas le pistolet sur la tempe pour nous contraindre à apprendre et à utiliser l’anglais. Mais il existe des façons plus subtiles de pousser des populations à faire ce qui va à l’encontre de leurs intérêts sans avoir l’air de les contraindre, de les obliger. Il n’y a que des décervelés pour ne pas s’en rendre compte. Et les anglolâtres sont impardonnables du fait que c’est un pur anglophone, pas une pâle copie d’anglophone, qui a dénoncé le mécanisme d’aliénation et d’asservissement : le professeur Herbert I. Schiller, dans (entre autres) "Décervelage à l’américaine" http://www.monde-diplomatique.fr/1999/08/SCHILLER/12381
Il y a pas mal d’ouvrages qui touchent ces sujets :
EN "Linguistic imperialism". Robert Philippson. Oxford : Oxford University Press. 1992.
EN "English-Only Europe ?". Robert Phillipson. London : Routledge. 2003.
EO "Ĉu nur-angla Eŭropo ?". Robert Phillipson. Rotterdam : UEA. 2004 .
EN "The Cultural Politics of English as an International Language". Alastair Pennycook. London : Longman. 1994).
EN "English and the discourses of Colonialism". Alastair Pennycook. London : Routledge. 1998.
FR "Le défi des langues". Claude Piron. Paris : L’Harmattan. 1994.
FR "La mise en place des monopoles du savoir". Charles Durand. Paris : L’Harmattan. 2002).
FR "La nouvelle guerre contre l’intelligence". Charles Durand. Paris : François Xavier de Guibert. 3 vol., 2002-2003.
Un autre anglophone, pur jus lui aussi, Aldous Huxley, avait mis en garde en 1931 : "A une époque de technologie avancée, le plus grand danger pour les idées, la culture et l’esprit risque davantage de venir d’un ennemi au visage souriant que d’un adversaire inspirant la terreur et la haine."
L’Anglo-American Conference Report 1961 avait déjà mis le processus en branle pour que les gouvernements et les peuples non anglophones n’y voient que du feu.
J’ai été maintes fois accusé d’"anti-américanisme primaire" par des gens victimes de ce décevelage. Je n’aime et n’estime ni plus ni moins les habitants des EUA que ceux de Grande-Bretagne et d’autres pays. Ce n’est pas rendre service à des amis que de les encourager sur la voie d’une dérive.
À propos de la régression de l’enseignement de l’allemand et des autres langues, j’ai l’impresssion qu’il y a quelque chose qui cale dans les sources de Qual, comme de son gourou Asp Explorer (sic ! que sait-il explorer hormis son garage à plumes ?). Ce sont les mêmes, tout comme la manière d’agir sacrément "scientifique" qui consiste d’abord condamner puis à s’efforcer ensuite de trouver coûte que coûte des raisons de condamner ! Alors, plutôt que de faire des recherches autour d’Alain, qui a contribué à répandre des préjugés sans même bien savoir ce qu’était l’espéranto (à son époque il y avait les grands linguistes Michel Bréal, André Martinet, Baudoin de Courtenay, qui avaient un avis tout à fait différent), mieux vaudrait revenir dans le monde réel d’aujourd’hui. Alain à fait amalgame du volapük, de l’espéranto et de l’ido sans en connaître la différence, sans savoir que le déclin du volapük a commencé et 1889, deux ans après la publication du premier manuel de Langue Internationale du Dr Espéranto, et que l’Ido commençait déjà à faire des petits toujours plus parfaits que l’original dont les noms sont de loin plus ignorés aujourd’hui que celui du volapük :
Dutalingue 1908
Romanizat 1908 (l’auteur a ensuite rallié l’espéranto)
Itlico 1909
Ispirantu et Occidental 1909
Adjuvilo 1910
Nuv-Esperanto 1910
Latin-Ido 1911
Esperanto de Stelzner
Etem 1917
Unesal 1923
Idiome Federale 1923
Ido avancit 1925
Esperido 1925
Cosman 1927
Novam 1928
Mundial 1930
Sintesal 1956
Intal 1956
Kosmolinguo 1956
Globaqo 1956
Pour en revenir à l’allemand, il est connu que bon nombre de classes d’allemand sont fermées, toujours au profit du seul anglais. Et les rapports Legendre (1995-1996, puis 2003-2004) et Herbillon (2003) sont éloquents sur la débâcle des langues face à “l’hégémonie écrasante de l’anglais”.
Rapport Legendre
Rapport d’information n° 73 (Sénat) 1995
p.5 - "L’évolution actuelle se traduit en effet par l’hégémonie écrasante de l’anglais, une régression des grandes langues européennes de proximité et une disparition progressive des langues dites rares qui sont pourtant utilisées par des populations considérables de la planète.
Le recul de l’allemand et de l’italien, "le naufrage lusitanien", la place résiduelle laissée à certaines langues de l’Union européenne, néerlandais, grec, langues scandinaves, la part restreinte réservée aux grandes langues de la planète, russe, chinois, japonais, arabe, constituent autant d’éléments d’une évolution qui tend à élargir le "cercle des langues disparues".
Il parlait aussi de “pari manqué de la diversification des langues”, et signalait ”une régression des grandes langues européennes de proximité et une disparition progressive des langues dites rares qui sont pourtant utilisées par des populations considérables de la planète”...
Ça fait déjà pas mal d’années que des inquiétudes sont exprimées par des professeurs d’allemand du fait de la suppression de classes même lorsqu’il y a de la demande et même dans des zones frontalières franco-germaniques
http://site.voila.fr/alsacezwei/francais/alaune/actualites/CCImars2007.htm