Bonjour,
Merci pour cet article qui met fort à propos les pieds dans le plat.
Vous faites des constats sévères avec lesquels je me sens en très forte résonance.
Un seul défaut peut-être est à signaler : votre enthousiasme vous porte à des rapprochement et des analogies qui, excessifs et manquant d’appui, affaiblissent plutôt qu’ils ne renforcent un propos qui n’en a pas besoin tant il est, je crois, fondamentalement juste.
Pour ma part, je ne vous le reproche pas, car je préfère l’enthousiasme à la réserve prudente qui détourne de l’action. Vos constats, j’en suis convaincu, sont cruellement nécessaires et des coups de pieds dans fourmilière ne peuvent être que salutaires.
J’espère que vos actions en justice porteront leurs fruits et que votre perspective connaîtra l’audience qu’elle mérite. Cela fait longtemps que je pense qu’il faudrait écrire "Le livre noir de la médecine". Mais je me rends compte que "Le livre noir de la psychiatrie" et "Le livre noir de la psychanalyse" sont probablement aussi urgents.
Vous avez une belle matière. Je ne peux que vous encourager à l’élaborer davantage pour la porter à la connaissance du grand public.
Un point pour finir : toutes les méthodes genre TEACCH etc. sont de pures "pratiques" inspirées de théories comportementalistes depuis longtemps invalidées. Le fait que la pratique "marche" est une très bonne raison de s’en servir. J’y suis complètement favorable.
Mais tôt ou tard, il faudra tout de même pouvoir en reconstruire un fondement théorique qui, pour le moment, fait encore complètement défaut. C’est là pour moi la grande misère de la situation de l’autiste : suite à l’échec successif des différents cadres théoriques mis en avant, les praticiens pensent à présent pouvoir se complaire dans un éclectisme de bon aloi qui leur permet de "bricoler" à loisir sous le prétexte fallacieux que chaque autiste étant différent, il est bon de pouvoir adapter la thérapie à chaque cas particulier. On fait un peu de tout, on fait donc n’importe quoi. On l’emballe dans une douce réthorique et roulez jeunesse : les apparences sont sauves, l’incompétence professionnelle est habillée façon Molière.
Pour dire les choses un peu vite, "ça" pense de moins en moins et "ça" tatônne grave en perpétuant autant que possible les vieux schémas de pensée et les structures de pouvoir.
Les parents, ont trop longtemps été complices de cela en badant le discours drapé de scientificité. Vous demandez des résultats, de l’efficace, vous avez ô combien raison.
Mais ne restez pas polarisée sur les pratiques. Demandez aussi un renouvellement radical des cadres de pensée et des modèles théoriques. Demandez un renouvellement des modes de financement des recherches qui, jusqu’à présent, ont surtout favorisé le poulain du mandarin, c’est-à-dire, la reproduction du même, serait-il erroné.
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