Ayant lu ce livre et l’ayant apprécié pour ce qu’il est : une performance journalistique, un témoignage précieux sur notre époque et un véritable roman d’aventure, je voudrais apporter quelques précisions aux questions soulevés dans les commentaires.
Fabrizio Gatti décrit des faits et les commente peu, je ne vois pas vraiment où pourrait se situer le parti pris, qu’il soit de gauche ou de droite. Et pour ceux qui en douterait, je les invite à lire le livre, ce que n’ont manifestement pas fait la plupart des commentateurs de l’article.
Concernant le fait que ces gens (les clandestins) disposeraient "de beaucoup d’argent pour aller en Europe", il faut savoir trois choses :
- les sommes farmineuses en question ne s’élévent jamais à plus de quelques milliers d’euros.
- cet argent a, dans 90% des cas, été obtenu par cotisation de la famille et des amis proches. C’est en quelque sorte un prêt.
- cet argent leur est, en général, extorqué, voir volé, sur le chemin par ceux qu’on appelle les trafiquants d’esclaves et qui ont fait leur métier d’exploiter les clandestins.
Enfin concernant le fait que les africains ne savent pas s’assumer eux même, j’invite les commentateurs qui adhérent à cette remarque à se pencher sur l’histoire récent du continent noir, à examiner les causes précises des guerres qui l’ont ravagé, à tâcher de discerner qui sont les mécènes des gouvernements corrompus. Les nations occidentales et les grandes multinationales sont presque toujours impliquées dans ces événements. L’Afrique crève d’être exploité par le reste du monde...
L’oublier est grave.