Les cas que vous citez sont assez symptomatiques ;
Au PS, les ralliements de personnalités qui jusqu’ici professaient des idées largement opposées à celle de Mme Royal s’expliquent bien sûr par le carrièrisme de celles-ci : postes de ministre pour les plus jeunes, ou « fromage » (entendez par là l’un de ces postes bien payés et tranquille que la république offre à quelque uns de ces vieux servanys, en général nommés sur « proposition » du président de la république") pour les plus vieux...
Quant à Mr Baguet, la pression dans le département de Nicolas sarkozy est évidemment très importante sur tous les élus hors opposition (en gros, si tu n’es pas avec moi, tu es contre, et tu peux t’assoir sur ta réélection...). Peu de politiques ont le courage de résister à ce type de pression, contrairement aux électeurs... Mr Baguet aura sans doute fait un mauvais calcul, et risque de perdre son siège après avoir perdu son honneur.
Plus généralement, rares sont les politiques qui parviennent à faire passer leurs convictions avant leur carrière (l’exemple d’Anne-Marie Comparini, UDF, en Rhone-Alpes en 98, qui avait refusé de s’allier avec le FN malgré les pressions du RPR de l’époque, et préféré une co-gestion de la région avec le PS, est par exemple une exception). Cela est en partie dû à notre système politique qui voit les élus faire toute leur carrière en politique plutôt que, comme dans les pays anglo-saxons, les voir retourner au monde socio-économique après quelques mandats politiques. La limitation du nombre de mandats pourrait aider...