Ce que Bourdieu explique est très clair, notre obédience politique est liée à notre façon de nous comporter avec les autres : rapports sociaux, rapports à l’ordre, au pouvoir,... En faisant la distinction entre cet état de fait et la posture idéologique calculatrice, les véritables sensibilités de certain(e)s de nos élus deviennent tout d’un coup plus claires : F.Barouin, J.L.Borloo, C.Boutin, J.L.Debré, L.Fabius, G.Fresche, S.Royal, D.Strauss-Kahn (j’en oublie) semble s’être trompé de permanence le jour où ils ont pris leur carte... Et si il y a toujours, à mon sens, une réelle différence dans la façon d’appréhender le monde entre la droite et la gauche, le système d’appareil des parties politiques, qui est le seul qui permet actuellement d’accéder aux fonctions législatives, incite à choisir celui-ci plutôt pour son efficacité électorale que pour les idées qu’il véhicule.
En ce qui concerne l’ENA et toutes ces grandes écoles susceptiblent de mener aux affaires de l’état, elles sont là avant tout pour former des techniciens du droit quel qu’il soit ; à partir du moment où elles enseignent une certaine manière de résonner face aux intérêts supérieurs de l’état, il en résulte un conformisme et une duplicité dévastatrice pour l’évolution nécessaire des institutions et des lois, relèguant le clivage des sensibilités à quelques gesticulations hypocrites. Si nous avons effectivement besoin de juristes pour rédiger les lois et vérifier leur conformité à la
constitution, le débat et la décision ne peut plus être réservé à quelques professionnels du bon droit et des bonnes moeurs, sous peine d’une grave remise en cause de la légitimité des institutions démocratiques qui seraient devenu le jouet d’une oligarchie libérale. La sectorisation
de la société, qui a fait de nous de vulgaire exécutant individualiste sur notre lieu de travail et nous a fait passer de citoyen concerné à spectateur cynique dans le débat démocratique, est un fléau de notre temps qui aliène nos existences.