LaSatiétéDuSpectacle écrit :
« En ce qui concerne l’ENA et toutes ces grandes écoles susceptiblent de mener aux affaires de l’état, elles sont là avant tout pour former des techniciens du droit quel qu’il soit... »
Il me semble qu’il y a là une erreur fondamentale : l’ENA est là pour former des techniciens de l’administration de l’Etat. Elle est là pour former des Haut-Fonctionnaires. Ecole Nationale de l’Administration. Cette école a particulièrement bien réussi sa tâche, puisque ce sont des anciens élèves de cette école qui exercent un quasi-monopole sur le pouvoir exécutif en France. A tel point qu’on a pu voir, vers les années 70, des énarques chosir la gauche comme plan de carrière parce que la droite était trop encombrée d’énarques.
L’ENA est donc d’abord et avant tout l’instrument privilégié du pouvoir de la Haute Administration sur le pouvoir politique, reproduisant ainsi le principe de la Noblesse d’Etat de l’Ancien Régime qui a fini par produire ce qu’on appelle aujourd’hui la Monarchie Républicaine.
L’élection présidentielle en France a un enjeu majeur : y aura-t-il un énarque ou non comme Président. En effet, depuis 1973, pas une élection présidentielle sans un énarque en position d’éligible au deuxième tour. En 1995, il y en avait 3. Il y en avait 2 en 2002. Une situation unique dans les pays occidentaux. On peut facilement imaginer, par exemple, ce qu’on dirait des USA si a chaque élection présidentielle américaine, on avait un ou deux candidats en position d’éligible qui sortirait, au hasard, de la Harvard Business School.
Quoiqu’en dise certains, l’évidence est là : depuis les années 70, une seule question domine l’élection présidentielle : quel sera l’énarque qui sera élu. l4enjeu de chaque élection présidentielle est bien la toute puissance des fonctionnaires en France.