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Commentaire de Patrick Adam

sur Jamais Mahomet n'a prêché la guerre contre l'Occident


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Patrick Adam Patrick Adam 11 octobre 2006 11:19

@ l’auteur

Je n’avais pas pris connaissance de votre réponse, et je vous prie de m’en excuser.

Contextualiser l’oeuvre de Mahomet est une travail relativement aisé. Les influences qui sont décelables dans le Coran sont parfaitement cernables. En premier point est une revendication identitaire par l’intermédiraire de la fialiation abrahamique pour se rattacher au tronc du monothéisme. Ce qui est en réalité un raccourci historique d’environ 2 500 ans.

La seconde obsession de Mahomet est de proclamer la primauté d’Allah sur les divinités alors célébrées à La Mecque et de condamner l’idolâtrie. Nous sommes donc là loin d’un message philosophique et d’une vision humaniste de la création. Mais plutôt dans une nécessité régionale. D’autres avaient réglé ce problème théologique depuis bien longtemps.

Là où le judaïsme met l’homme au centre de la création, Mahomet en fait un simple adorateur de la divinité, allant jusqu’à lui conférer le statut de serviteur (certains diront d’esclave) de cette divinité. Mahomet ne se pose aucune question sur la transcendance, sur la notion de péché et de rédemption. Par contre, et c’est là une des plus grande originalité du message de mahomet et une des raisons (pour moi) de son succès, c’est qu’il propage une certaine facilité dans l’obtention de la récompense suprême : le paradis. Il est le seul à faire du paradis une description aussi abracadabrantesque et de présenter ce « bien suprême » comme la récompense que tout croyant peut posséder un jour. Les règles pour obtenir cette récompense sont des plus faciles à observer : polygamie, système de castes, justification de la violence, justification de la richesse, suprématie de l’homme sur la femme, complaisance envers toutes les entreprises commerciales, complaisance envers les tribus de moutonniers (sacrifice du mouton), complaisance envers les aristocrates de La Mecque (pélérinage), etc.... On peut là aussi resituer ces différentes valeurs dans le contexte de la société nomade qui les a engendrées.

Concernant Jérusalem, Mahomet dans un premier temps recommandait de tourner ses regards vers cette ville pour la prière. Mais une fois entré en conflit avec les Juifs de médine, il changea d’avis et il opta pour La Mecque, ce qui dénote un esprit plutôt rancunier et assez versatile d’un point de vue strictement théoloque. Il y eut même à Médine une mosquée dite des deux mirhabs....

Bien sûr les interprétations de l’ancien Testament par Mahomet ne sont pas simplement des points de vue personnels et doivent correspondre à différentes lectures qui se faisaient alors de ces texte dans tout le Proche et Moyen orient. Le problème, c’est que Mahomet a figé certaines interprétations qui sont des plus scabreuses. Se référant à la prescription « oeil pour oeil, dent pour dent », il la revendique et il y apporte des précisions plus draconiennes encore...

Pour ce qui est de la résurrection de Jésus. On peut avancer une explication. Revendiquant un statut de « prophète » Mahomet a cherché à en revêtir tous les attributs : mission d’envoyé spécial, visions, miracles, voyage intersidéral, etc... La seule chose qu’il ne pouvait revendiquer sans risque d’être contredit par la postérité était la résurrection. Donc, par prudence, il a nié celle de Jésus. Loin de moi l’idée d’ahérer d’une façon quelconque à l’idée de résurrection (je n’y crois pas faut-il le préciser), ce qui m’intéresse c’est la démarche de Mahomet et la pauvreté de son argumentaire quand il bricole le coup du sosie subsitué sur la croix. On croit rêver. C’est comme un gamin dans la cour de récréation qui dirait : « non, tu as triché, c’est pas vrai... » sans en apporter la moindre preuve, juste parce qu’il se sent dépossédé de quelque chose qu’il n’aura jamais.

Mahomet a-t-il voulu faire l’unité de l’Arabie, là aussi on est dans une relecture totale de l’histoire. Existe-t-il un mythe de l’unité arabe que nous n’avons vraiment pu ressentir qu’à l’époque de Laurence d’Arabie. La lecture d’Ibn Battuta est suffisamment édifiante. Comment pourrions nous concevoir qu’une société tribale rêve d’unité ? Comment pourrions-nous concevoir qu’une société dans laquelle la razzia est une forme de vie permanente peut avoir envie de générer de l’unité ?

Vous citez, sourate dix, le verset quarante-huit : « Toutes les nations ont leur apôtre. Lorsque leur apôtre est venu, il y eut des décisions de prises en toute justice et il ne leur fut pas fait tort. » Mahomet a-t-il conscience alors de ce qu’est une nation ? Non. Il parle de groupe culturels et religieux et non de nation. Parler de nation au VIIème siècle est totalement anachronique.

Vous dites que Mahomet « estimait qu’il n’y avait pas place dans le pays pour deux religions ». faux. Mahomet a cru pouvoir se couler dans la lignée des prophètes reconnus par de nombreux peuples d’alors. Quand il s’est vu rejeté par les Juifs du fait de sa non-judéité, il a changé son fusil d’épaule (si on peut dire) et il a décidé d’affirmer son originalité (en autres : choix de La Mecque pour la prière, et du vendredi pour faire pednat au samedi des juifs). Toute l’attitude de Mahomet est une attitude de « réaction » et non de création ex-nihilo d’une nouvelle religion. Tout l’histoire de Mahomet peut se lire comme celle d’un prophète éconduit.... Comment pouvez-vous penser que les Juifs (peuple élu) pouvait admettre dans leur staff de prophètes le descendant de celui qu’ils avaient eux-mêmes traité « d’onagre d’homme » ?

Pour ce qui est de l’entrée ou de la place des Juifs ou des chrétiens dans la commmunauté musulmane, on ne peut l’aborder sans mentionner les régimes fiscaux (et les guerres) qui ont déterminant cette appartenance.

Le dernier point que vous soulevez sur les Commentaires de César me fait sourire. Couper les jarrets des chevaux a, de tous temps, été une tactique de guerre et d’intimidation. L’histoire de César n’est sansdoute pas originale, et s’il elle l’était elle à eu six cents ans pour devenir une légende à travers tout l’empire. Les références de Mahomet dans tout le Coran sont plutôt celles de Gabriel que celles de César. Ne pensez-vous pas que le fait que vous rapportez est l’illustration parfaite des différentes tentatives qu’ont faites les lettrés à travers les âges pour glorifier leur héros. Voulez-vous que nous essayons de recenser le nombre de marques de sabot que le cheval d’Oqba ben Nafi aurait laissé sur des cailloux à travers tout le Maghreb ?

Bien à vous. Patrick Adam


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