Mettre de l’argent dans des systèmes opaques et qui ne marchent pas, telle est l’option qui s’offre aux gouvernements. J’y vois là un chantage, ou mieux une prise d’otage de la part des organismes financiers. La finance internationalisée va forcer les états à alimenter un système dans lequel personne n’est responsable de quoi que ce soit. C’est merveilleux ! La finance a réussi ce coup de poker colossal, celui de mettre les politiques au pied du mur. Et de leur dire:c’est nous ou la débâcle.
Cependant, la partie de bras de fer qui s’engage entre les états et le monde financier pourrait mener à un assainissement des systèmes internationaux si, comme le suggérait Angela Merkel et son gouvernement, les états exigeaient des contre-parties de la part des établissements sauvés de leur déconfiture. Mais quelles contre-parties ? C’est l’enjeu qui se déroule en ce moment.
C’est un problème politique, économique, moral, sociologique qui se dessine à l’horizon. Une question fondamentale reste posée, quelle que soit l’issue de cette catastrophe : Quelle est la position du capitalisme dans les sociétés modernes ? Et les populations (à qui on demande de financer ce gâchis) sont-elles prêtes à accepter les diktats du capital international par FMI, Banque Mondiale et états interposés (sans compter les systèmes plus opaques et qui n’ont pas encore de nom) ?
Les américains n’aimant pas les abstractions ni les discussions philosophique sur ce genre de sujet, ils risquent fort de dicter ce qui leur convient. Car ils tiennent tout le monde par la barbichette avec leurs énormes emprunts, les fameux government bonds (obligations d’état).