@ tal
Pouvez-vous me dire à quel moment mon texte reprend un propos ou ne serait-ce qu’un thème de réflexion extrait d’un ouvrage de Bruckner ? Ne tombez donc pas dans le piège tendu par d’autres, et entretenu par des philosophes peu scrupuleux, de croire que j’ai écrit un texte développant de telles thèses. Je trouve d’ailleurs assez extraordnaire cette propention généralisée sur Agora de toujours faire dévier le débat sur des sujets qui sont totalement hors de propos.
Pour ce qui est de ma réflexion concernant les Antillais, je l’applique à moi-même. Je suis né catalan et je n’en ressens pratiquement plus aucune forme de sensation identitaire. Ma catalanité c’est le Canigou de mon enfance, enfin celui que je vois maintenant quand je ferme les yeux...
Mon identité, j’ai appris à me la construire au fil du temps, de mes rencontres, de mes lectures et de mes voyages. Et je la vis aujourd’hui comme une re-digestion de tout cela.
Les Antillais doivent se sentir antillais aujourd’hui. Je trouve le terme d’afro-américain parfaitement raciste. Peut-on m’expliquer ce que la famille Jackson ou un noir habitant le Bronx possède encore de véritablement africain ? Sa « différence », il peut la sentir dans le regard de l’autre, dans le racisme que ce regard induit, mais aucunement dans la façon dont il se voit lui-même. Mes propos tendent à montrer le danger qu’il y a à s’arquebouter sur de telles notions. Que ces évidences soient manipulées par des gens se réclamant du FN ne peut que me donner le même sentiment de malaise à avoir vu le drapeau français et la Marseillaise abandonnés lâchement à des fachos primitifs. On voit le résultat aujourd’hui de cette démission morale. Mais je n’en ai pas changé d’opinion pour autant. Je n’aime pas les amalgames mais j’aime le métissage sans doute plus que de nombreux intervenants qui vivent de l’air du temps. Quand j’étais encore adolescent (peu avant les années 68) j’écoutais les Beatles, Les Rolling Stones, Aretha Franklin, Otis Reading mais aussi Ferré (passionnément) Brel, Chelon, Leni Escudéro, Polnareff, Antoine, et encore Carmen, Debussy ou Ravel, Tchaïkovsky... Je puis vous assurer qu’on était bien peu nombreux alors à pouvoir se prévaloir de cet éclectisme qui fait le bonheur des « autodidactes » tant décriés sur ce fil.
Bien à vous. Patrick Adam