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Commentaire de Patrick Adam

sur Banlieues : on a besoin d'un baron Haussmann plus que d'une armada de sociologues ou de psychologues


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Patrick Adam Patrick Adam 24 octobre 2006 23:35

@ Nicolas Proix

Je reprends quelques point de votre longue réponse dont je vous remercie, et j’apprécie à sa juste valeur que vous dites, sur de nombreux points, exactement la même chose que moi quoiqu’en d’autres termes (mais c’est une spécialité des intervenants d’Agora à laquelle j’ai fini par m’habituer), tant en ce qui concerne Le Corbusier que le baron Haussmann. Sachant que mon but n’était pas de faire un cours d’architecture ou d’urbanisme je suis heureux d’avoir sur tous ces points « l’approbation d’un professionnel ».

J’imagine que vous avez réalisé que mon texte était essentiellement une prise de position sur une méthode et que pour ce faire, je me servais d’un exemple historique que j’étais loin de vouloir dupliquer aveuglément. Pardonnez à un dilettante d’avoir osé mettre les pieds dans une chasse gardée.

« Soit dit en passant », pouvez-vous m’indiquer à quel moment j’ai attribué la construction de la Grande Borne de Grigny à Le Corbusier ? Je vieillis, alors un doute me ronge : est-ce que je perds la tête au point de ne plus savoir exactement ce que j’écris ? Je me permets en outre de vous signaler que j’ai longtemps vécu dans l’Essonne et que je passais régulièrement devant ces bâtiments. Je vous remercie donc de m’avoir fait remarquer, avec tout le recul nécessaire, que la façade de ces bâtiments est « courbe »... J’avais dû oublier de m’en apercevoir les centaines de fois où je suis passé devant...

D’autre part, vouloir trier avec 150 ans de recul la part de Napoléon III de celle de son préfet dans l’aménagement de Paris ne me paraît pas revêtir un intérêt capital. On parle aujourd’hui de Paris haussmannien, d’immeuble haussmannien. Le style Napoléon III étant plutôt réservé à caractériser du mobilier. Alors qu’importe...

Pour ce qui est de vos « précisions » aussi utiles qu’inédites concernant les « chambres de bonnes » je vous renvoie à un article de « non spécialiste » que j’ai écrit su Agoravox il y a quelques mois déjà et qui s’intitulait « Logement : ce que nous n’avons pas fini de payer ». Si le sujet vous intéresse, vous devriez pouvoir le retrouver.

Autre chose : que vient faire la banlieue rouge dans le sujet abordé ? Et à qui suggérez-vous de regardez le site de l’INSEE ? Voulez-vous que nous parlions d’Arcueil ainsi que j’en ai eu l’impression ? Je vous recommanderai alors d’aller jeter un coup d’œil à un lotissement qu’on nomme « la Villa moderne » dans cette ville. Si vous vous y rendez, je vous dirai pourquoi, mais pas avant...

Pour le reste, permettez-moi de rester sur mes positions. Je considère chaque jour un peu plus (et les images qu’on nous propose en ce moment aux JT ne peuvent que me conforter dans mon jugement) que la banlieue mérite d’être (en grande partie) reconstruite et qu’un tel chantier ne peut être envisagé qu’avec les méthodes haussmaniennes que j’ai décrites dans mon article, soit : une évaluation globale des besoins, des outils puissants et un financement approprié. Attendre d’une armada de psychologues et de sociologues qu’ils résolvent des problèmes sur lesquels ils dissertent depuis vingt-cinq sans avoir réussi à en appréhender le dixième ne me paraît pas faire preuve de beaucoup de lucidité. En matière d’urbanisme, il faut avoir le courage de décréter le changement, quitte à l’accompagner par des psys et des psychos, et non pas le contraire.

Dernier point. Vous dites : « Et comment croyez-vous que ça marche ? Croyez-vous que nous, les urbanistes, sommes des génies universels capables de tout comprendre, de tout expliquer, de tout synthétiser dans « LE » quartier parfait, répondant aux attentes de TOUS ses habitants ? » Rassurez-vous, je ne le crois pas... Mais peut-être changerez vous d’avis sur ce qu’il conviendrait de faire en banlieue, le jour où quelques jeunes « déstructurés » comme on les appelle désormais dans les réunions « citoyennes », se lasseront de faire brûler des voitures, puis des autobus, et qu’il décideront d’incendier un immeuble (même réhabilité).

Bien à vous. Patrick Adam


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