Zut alors,
Je n’avais pas envie de commenter ce film, pas envie d’en parler, pas envie d’y penser...
Mais la lecture de la plupart des commentaires confirme ce que je craignais. La lie de l’humanité, la crétinerie raciste, l’aigreur des minables, se déchainent sur avox en portant aux nues le sous-téléfilm d’un imbécile patenté.
En ce qui concerne l’aspect purement filmique :
"L’année de la jupe" s’appuie sur une très belle idée : la prise d’otage d’élèves par une prof dépassée, incapable et dépressive. Plutôt jubilatoire comme point de départ, n’est-ce pas ? Il y avait de quoi écrire un film puissant, dérangeant, explosif... On pense aussitôt à "Un après midi de chien", on voudrait retrouver la même force, la même humanité.
Mais pas ce ça Charlotte ! Pour dépasser le propos il faudrait un scénariste capable de créer de véritables personnages et de les pousser au delà de leurs propres limites. Mais pour ça il faudrait du talent !
Jean-Paul Lilienfeld nous a prouvé à maintes reprises que de talent il est totalement dépourvu. Il nous le démontre une fois encore.
Qui est cette prof jouée par Adjani ?
De fait on ne le saura jamais, d’autant que la découverte tardive de ses origines nous fait reconsidérer tout ce que l’on croyait avoir compris. Quel est son problème ? A-t-elle des comptes à régler avec son enfance ? Se venge-t-elle de ses parents ? Quels sont ses enjeux ? Pourquoi ce sacrifice final qui sonne comme une crucifixion : donner sa vie pour faire comprendre à trois jeunes filles qu’elles se doivent de porter une jupe ?
Autant de questions qui restent sans réponse car cette professeure n’est pas un personnage, c’est un prétexte.
De même, les flics et les élèves qui entourent Adjani n’ont aucune épaisseur humaine. Ce sont des clichés, des silhouettes de carton pâte que Lilienfeld tritouille de ses gros doigts boudinés en essayant de nous faire croire qu’ils sont là pour servir un propos.
Mais de quel propos s’agit-il ?
De quoi parle la "Journée de la jupe" ?
Est-ce de la violence à l’école ? De la démission des profs ? De la condition féminine en banlieue ? De la prolifération des armes à l’école ? De l’influence de l’Islam ? Des tournantes ? De la vie de couple compliquée des flics et des profs ?...
Tout est mélangé dans un lourdingue gloubi-boulga indigeste où le spectateur de bonne foi peine à retrouver un fil quelconque.
De par son scénario et sa réalisation, "La journée de la jupe" ne se démarque pas du tout venant médiocre de la production télévisuelle française.
Alors d’où provient l’intérêt qu’il suscite ?
Eh bien il suffit de lire les commentaires sur ce fil pour en avoir une idée. "La journée de la jupe" décomplexe les crétins.
"Oui oui oui, madame Michu, ces gens là, les maghrebiens à tendance bougnoule, c’est pas des gens comme nous, ça madame. Ça veut pas s’intégrer, ça veut pas travailler, ça veut rien qu’à faire des prières dans leurs mosquées de ratons, ça comprend qu’une chose : les coups de pieds au cul. Et qu’on est bien trop bons nous les vrais français d’origine italienne, basque, auvergante, polonaise, espagnole, bretonne, corse, arménienne, juive d’europe de l’est... de tolérer tout ça. Qu’on y foutrait tous en taule ou dans des camps qu’on serait drôlement plus tranquilles, hein madame Michu ?"
On comprend mieux pourquoi un minable arriviste est arrivé à occuper l’Elysée...
Vouloir traiter du malaise des collèges de banlieues en le réduisant à l’affrontement professeurs contre élèves est une absurdité. L’école n’est rien d’autre qu’un reflet de la société qui concentre ses paradoxes et ses conflits. Le rétablissement de l’autorité des professeurs passe par une réhabilitation de l’accueil fait aux jeunes français d’origine immigrée.
Le voila le vrai scandale :
Entre 2007 et 2008 le chômage des jeunes des quartiers défavorisés a augmenté de 57% et de 100% pour les jeunes diplomés (bac+3 et plus). (source Médiapart)
Comment voulez vous que l’école soit respectée quand on voit de telles injustices ?
Quelle est la promesse de l’école publique ? Travaille comme un dingue, ferme ta gueule et va pointer au "pôle emploi" ?
Comment peut on accepter ça ? Ce n’est rien d’autre que la jeunesse de France qui se retrouve sans espoir. Et on voudrait en plus qu’elle fasse profil bas et dise merci à la dame en mouchant son nez ?
Je sens comme une grosse colère monter en moi à la vue de ces posts de vieux cons qui n’ont jamais rien fait d’autre dans leur vie que pratiquer la rapacité et la haine pour nous organiser le monde tel qu’il est aujourd’hui... Et finalement s’en plaindre en proclamant "le choc des civilisations" !