@ doctory
Vous écrivez :
« Dans une République , la loi est l’expression de la volonté générale émanant du peuple, soit directement, soit par l’intermédiaire de ses représentants [...] ».
Jusque là, nous sommes d’accord. Et vous poursuivez :
« [...] éclairée par la Raison et par un certain nombre de principes généraux tels la déclaration des droits de l’homme ( celle de 1789 , bien supérieure à celle de 1948 ) , principes qui permettent au peuple de se donner une Constitution, et des lois qui obéissent à la DDH et à la Constitution. »
Eh bien justement, là non : vous définissez seulement un modèle particulier de république, héritier des Lumières, libéral et mettant en avant les droits individuels depuis l’époque moderne. C’est celui auquel j’adhère personnellement, mais il est inexact de réduire la définition du mot « république » à cela. Historiquement, l’Occident lui-même a connu des modèles de républiques dans lesquels les libertés individuelles étaient assujetties à l’intérêt de la collectivité : la Cité grecque, la république romaine.
La référence à ce sujet est le fameux discours de Benjamin Constant De la liberté des Anciens comparée à celle des Modernes, qui montre comment les Grecs et les Romains exerçaient leur liberté dans le service de la Cité, alors que les Modernes, eux, souhaitent avant tout préserver leur liberté dans leur sphère privée, et quelquefois en se détournant de la res publica (la chose publique).
C’est ce qui explique qu’encore aujourd’hui la plupart des Etats dans le Monde s’appellent officiellement « République », alors même qu’ils ne respectent pas les droits de l’homme... Encore une fois, à titre personnel j’adhère à notre modèle républicain démocratique, libéral et héritier des Lumières. Mais il me semble important d’être précis sur le sens des mots et de remettre en question certaines idées reçues afin de bien savoir de quoi on parle...