@ bois Guilbert :
La vision Aristétolicienne à laquelle vous vous limitez vous contraint à une pensée fragmentaire. Votre réflexe idéel est de saucissonner la réalité en catégories selon vos à priori, puis déduire de ces catégories des idées sur la réalité. Ce faisant, il me semble que vous restez prisonnier de vos préjugés.
De mon point de vue - mais peut-être me trompé-je, cette manière de raisonner n’est pas correcte. Elle nie la nature même de la pensée (qui vient du latin pensare, ce qui signifier peser, c’est-à-dire balancer ensemble au moins deux idées).
L’Idée est plutôt de l’ordre du récit, c’est-à-dire qu’elle est une chose cohérente et dynamique. (voir ici pour une vision imagée de ce qu’est une idée, de sa nécessité de maintenir une cohérence, et de son aspect néanmoins dynamique). Cela implique que penser consiste à confronter intérieurement deux récits idéels jusqu’à ce qu’il en émerge une nouvelle idée par fusion / bifurcation ou attirance / répulsion de celles-ci. Il y a un « fil » de la pensée.
En adoptant une pensée par catégories aristétoliciennes, vous confrontez deux objets statiques, issus de votre propre classification, lesquels ne peuvent jamais s’emmêler de manière dynamiques mais seulement s’enchaîner temporellement dans une relation de cause à effet. Ce faisant, vous passez à coté de la complexité inhérente des choses et ne pouvez jamais affiner votre système de catégorie au cas où celui-ci ne serait pas adéquat. Par conséquent votre système de cause à effet, devient très fragile en cas de paradoxe, et en général, vous préférez les éviter et nier les réalités qui ne vous conviennent pas.
@Sylvain Reboul même commentaire que pour Bois-Guilbert :
Vous nous récitez une petite histoire, qui n’est rien d’autre qu’un amalgame :
- Nation => Nationalisme => Xénophobie => Nazisme => guerre.
(A mon avis issu des années de lavage de cerveaux tels que l’on subit les baby-boomer)
Et vous concluez : Pour en finir avec la guerre : détruisons la nation !
Malheureusement, cela ne tient pas, la Guerre en Irak, par exemple, qu’a-t-elle à voir avec le nationalisme ?
J’ai écrit que la Nation est simplement (selon l’étymologie Natio = naissance), la communauté des gens qui sont nés dans un même lieu. Le nationalisme (suffixe -isme : tendre vers), désigne la volonté des gens d’un lieu de se gouverner par eux-même. Rien ne permet d’affirmer que cette volonté soit nécessairement xénophobe, cela peut aussi être pour des raisons d’efficacité politique pour parvenir aux aspirations.
Lorsqu’un peuple est confronté à une forme de Tyranie extérieure à lui-même, le nationalisme est un recours légitime. Puisque cette tyranie est le fait non pas d’un pays, mais de souverainetés privées composées des oligarchies économiques, ou encore d’instances internationales / intra-nationales à leur mesure, aucun pays étranger ne peut en être tenu pour responsable, et donc, le risque de voir se développer la Xénophobie est absent.
D’ailleurs la xénophobie actuelle se focalise plutôt sur les musulmans, lesquels ne sont en rien responsable de la situation catastrophique de l’occident. Ce serait plutôt le contraire qui serait vrai, l’occident pourrait être perçu par les musulmans comme responsable de la situation du monde musulman et la xénophobie pourrait s’y développer. Je trouve les musulmans très sages et aptes à faire la part des choses entre les fripouilles qui nous gouvernent, qui sèment le chaos et la désolation dans le monde entier, et le simple peuple qui subit le dictat de ses dirigeants corrompus. Du point de vue de l’occident, la tendance lourde du néo-conservatisme consisterait plutôt à présenter les gens de religion musulmane comme des boucs émissaires, comme ce fut le cas pour les gens de religions juive, ou bien les tziganes, communistes, socialistes pendant les années Nazies. La Xénophobie vient donc du coté « mondialiste » (Et d’ailleurs c’est très cohérent quand on sait qui a financé Hitler - Prescott Bush, grand-père de George, par exemple, et globalement une grande partie de la haute-bourgeoisie, farouchement intéressée par les thèses eugénistes).
Dans la période actuelle, c’est le mondialisme qui a théorisé la guerre comme pratique légitime, selon « le droit d’ingérence » ou bien encore en érigeant un « gendarme du monde ». Au final, tout le monde sait bien que ce sont des justifications pour permettre à des souverainetés privées (les grosses boites), de s’emparer des ressources intéressantes à exploiter dans tous les pays.
Jaurès, socialiste et patriote, disait le capitalisme porte la guerre comme la nuée porte l’orage.
Contre la guerre de 14, il fut assassiné.
Il n’y a pas à omettre le débat sur l’intérêt de la nation, au contraire, refuser d’y entrer sous prétexte que cela sera xénophobe, c’est permettre implicitement aux xénophobes de s’en emparer. Comme qui ne dit mot consent...
Personnellement, j’y entre, sans xénophobie, et puisque le mot de nationalisme est connoté, je me dirais patriote, en faisant valoir qu’il est totalement légitime pour les gens nés dans un même lieu (la nation), de se gouverner par eux-même, et qu’il y a un certain nombre de raison à cela : efficacité économique, efficacité politique, respect de l’environnement, respect des êtres humains qui s’y trouvent.
C’est un peu l’éloge de la proximité des pouvoirs de décision d’avec le peuple, si vous voulez.
C’est aussi parce que lorsqu’un système de décision a pourri et s’enfonce dans l’horreur, l’honnêteté morale impose de le constater, puis de s’organiser pour le renverser par un autre, c’est-à-dire, en démocratie, ne plus voter pour ceux qui l’ont installé et le représentent.
Ceci sera vrai jusqu’à la fin des temps.