Les milices et justices privées ont été de tout temps et toutes les cultures, même aux états-unis. Pour preuve deux extraits, le premier tiré de Réflexions sur la violence de Georges Sorel, ouvrage qui eut une certaine influence sur les léninistes et fascistes du début du XXème siècle :
« Il ne semble pas qu’au temps où la « vendetta » fonctionnait
régulièrement en Corse, pour compléter ou corriger l’action d’une
justice trop boiteuse, la population eût une moindre moralité
qu’aujourd’hui. Avant la conquête française, la Kabylie ne connaissait
pas d’autre mode de répression que la vengeance privée et les kabyles
n’étaient pas de mauvaises gens. On concédera aux partisans de la
douceur que la violence peut gêner le progrès économique et même
qu’elle peut être dangereuse pour la moralité, lorsqu’elle dépasse une
certaine limite. »
Second extrait sur la loi de Lynch sur laquelle P De Rousiers, à la même époque que Sorel, à un mot :
« la loi de Lynch était fréquemment appliquée ; un homme convaincu de
meurtre ou de vol pouvait se voir arrêter, juger, condamner et pendre
en moins d’un quart d’heure, pour peu qu’un comité de vigilance
énergique s’emparât de lui [...] je sais, dit-il, que la loi de Lynch est généralement considérée en
France comme un symptôme de barbarie... ; mais si les honnêtes gens
d’Europe pensent ainsi, les honnêtes gens d’Amérique pensent tout
autrement. »
Ces milices et justices privées existent encore dans notre monde capitaliste, dans une forme différente et moindre mais dans le fond identique : regardez simplement ce qui se passe dans nos belles écoles républicaines et dans certains quartiers spécifiques et de moindre importance politique et économique.