Facebook n’est qu’un des aspects du contrôle-conditionnement propre à
notre époque, où s’opère la mutation-transition entre société industrielle et
société post-industrielle, où la Culture née de l’Expérience individuelle
(expérience du Monde, de Soi, de l’Autre) se voit remplacée par une
anti-culture de contrôle-conditionnement qui détermine comportements culturels
et modes d’existence, conformément aux impératifs de l’ultra-libéralisme
économique et à la nécessité « vitale » de faire coïncider capacité
de production et consommation par la captation-contrôle de la libido
individuelle, réduisant les singularités individuelles à des particularités
catégorielles.
Un processus de « vampirisation » opèrant de plus en plus efficacement,
et que les phénomènes : sites communautaires, réseaux,etc… illustrent par
la manière dont les comportements sont « modelés » et les individus « orientés »,
tout un chacun adoptant par « pression sociale et économique » des
comportements pré-définis et indépendants de l’Expérience.
Le résultat en est ou en sera bien un contrôle social global. Totalitarisme ?
si global veut dire total, sans doute oui.
Si on s’en tient à un rapide comparatif avec l’URSS par exemple, peut-on
conclure à la naissance ou formation d’un totalitarisme post-industriel ?
Dans le totalitarisme soviétique, nous avons une société où les uns et
les autres s’espionnent et se dénoncent : le regard est celui de l’autre
qui ne reflète que votre propre regard sur lui.
La collecte de l’Information est un « travail citoyen », des
citoyens-délateurs, nous avons donc là une surveillance
« horizontale ».
Qu’en est-il chez « nous » aujourd’hui ?
Il semblerait bien que notre modèle de surveillance soit
« verticale » et « volontaire » : le
« prince » et les « marchands » disposent de tous les
moyens « technologiques » nécessaires pour recueillir « eux-mêmes »
l’Information, d’une manière automatique sans la contrainte de la « faiblesse
humaine » : un réseau technologique d’oreilles, de yeux, de cerbères,
etc…froids, efficaces et redoutables au service du « prince » et des « marchands ».
Un système TOTAL et GLOBAL où la défaillance humaine ne pèse plus sur la
collecte de l’Information.
Nous sommes alors dans une forme de totalitarisme qui se passe des
individus, la délation n’étant plus nécessaire comme dans les systèmes nazi ou
soviétique.
Une superstructure « transcendante » qui domine la société,
et la regarde, la scrute, l’analyse de toutes parts.
Lorsque les totalitarismes fascistes ou communistes usaient de méthodes
humaines archaïques, notre système « démocratie libérale »+libéralisme
économique use d’un procédé nouveau « sans douleur et
invisible » : le contrôle social en temps réel et permanent par
ordinateur interposé sous le couvert de cette anti-culture de contrôle et
conditionnement, pensée et élaborée selon les impératifs de l’ultra-libéralisme
économique.
Sous divers prétextes : sécurité, intérêts professionnels, particuliers,
économiques ou sociaux (mode,
communautés,etc…), ce système permet la surveillance des individus avec leur « accord »,
accord né de l’anti-culture de conditionnement où le fait d’exposer sa vie, de
livrer des informations personnelles, etc.. sur la toile semble devenu non
seulement naturel mais aussi nécessaire : l’auto-délation, le sacrifice
volontaire de la vie privée par l’imposition « subtile » de
comportements culturels et consommatoires.
Bref : la combinaison anti-culture de contrôle/conditionnement et Informatique/réseaux
permet l’instantanéité et l’efficacité du contrôle : un contrôle social
total.
Cordialement,