Bonjour Annie,
J’apprécie votre réaction. Je ne suis pas sûr d’y
répondre correctement car vous évoquez tantôt les associations et les
initiatives individuelles tantôt une autre société post-capitaliste et enfin lle
nouvel ordre humanitaire.
Sur ce dernier point - qui est mondial et non national
ou européen - ma logique n’est pas de soutenir l’avant-garde du développement en
abandonnant les pauvres à la mort. Je combat ce darwinisme-social cynique depuis
25 ans !
Quand aux deux autres solutions mis en opposition je vois que ni l’une
ni l’autre n’offre de solution à la pauvreté. Le socialisme n’est qu’une
perspective (je vous l’accorde) mais les associations soulagent la
misère sans l’éteindre. Les pauvres sont plus nombreux et toujurs plus pauvres.
Il y a même les travailleurs pauvres. La France a tardé à voir chez elle ce que
l Grande Bretagne a depuis longtemps : merci le SMIC et à bas le thatchérisme !
Avec pareille dynamique, si les pauvres dépendent
de la charité individuelle et associative - ce qui est positif du point de vue
de l’éthique individuelle mais en régression du point de vue global - c’est la
catastrophe sociale. Et c’est aussi que l’Etat social est en dépérissemment
avancé. Il faut réhabiliter le social institutionnel contre les
prédateurs.
Que fait-on alors ? Revendiquer un nouvel Etat
providence pour les pauvres et les prolétaires voire si cela est jugé impossible
le passage au socialisme du XXI ème siècle.. Vous seriez d’accord semble-t-il
sur l’une ou l’autre de cette perspective à une ou deux réserves secondaires
Mais vous dites qu’en attendant il faut « mouiller la chemise » pour les pauvres.
Certes mais il y a plusieurs façon de le faire que l’on soit pour un capitalisme
refondé ou pour un éco-socialisme.
Il y a, à mon avis, la façon misérabiliste qui
privilégie le don ou le sacrifice « vers le bas » sans lien avec la libération de
l’ebsemble du peuple-classe et la façon émancipatrice qui fait ce lien.
AC ! (Agir ensemble contre le chômage !) est une
association qui joignait revendications et actions pour les chômeurs démunis et
les salariés implantés mais attaqués. Cette méthode ne fais qu’appliquer la
thèse bien validée sociologiquent de la désaffiliation (CASTEL) contre celle de
la dualité inclus/exclus. C’est pourquoi je juge
utile de défendre le statut du fonctionnaire contre les rapaces libéraux tant
internes qu’externe à a FP. Pour autant je n’oublie pas les pauvres. D’ailleurs
mon « En défense des 3000 euros par mois et moins » ne les oubliaient pas. Vous
trouvez peut-être que c’est trop noyé dans l’ensemble et pas assez pratique au
plan militant. Peut-être. D’autant que le texte Le racisme
anti-fonctionnnaire(s) : failants, privilégiés, improductifs en lien avec
celui-ci laissaient trop entendre un déséquilibre en faveur des prolétaires
non pauvres.
Mon leitmotiv est tout un chacun doit travailler et
avoir de quoi vivre décemment (donc un revenu). Je décline cela de façon
différente. Avec les années les outils mobilisés se sont perfectionnés : Outre
la notion de peuple-classe il y a le principe que "nul n’est exempt de
participation à l’existence sociale" qui est très fort (j’en parle depuis
1994 dans un texte sur la RTT avec B Leveder soit 15ans !) et qui ne
s’oppose pas à l’idée de revenu d’existence quand la société est incapable
d’assurer ce principe. La reformulation complète du prolétaire et l’idée de
« bouclier social à 3000 euros par mois et moins » participent d’une activation
forte de la lutte idéologique pour un société civilisée.La défense argumentée de
l’économie non marchande de JM HARRIBEY et Stéphanie TREILLET couronne le
tout.
Christian Delarue