Sur les lois de la physique :
En posant le décor de l’émergence du vivant dans une partie très limité de l’Univers, j’ai été amené la semaine dernière à rappeler quelques notions qui sont actuellement considérées comme acquises en physique et en cosmologie. Je n’imaginais pas que le débat puisse porter sur ces points de détails qui n’entrent pas vraiment dans le cadre de mon sujet et pour lesquels il existe quantité de sites de haute tenue scientifique à la disposition de tous.
La nature des commentaires montre tout de même que ce qui est considéré comme acquis par la communauté scientifique ne l’est pas pour tout le monde et que les théories des sectes ou mouvements religieux divers relookées par « l’intelligent design », ont encore de beaux jours devant eux.
Je ne chercherai surtout pas à convaincre des croyants, mais j’en profite pour montrer à ceux qui n’ont pas de dogmes sans pour autant être des scientifiques, combien il est difficile de comprendre le monde sans le support de la science : Nos sens qui sont à l’origine de notre intuition résultent d’un conditionnement par notre milieu extérieur immédiat et ne sont fiables que dans les ordres de grandeur qui nous sont familiers. Nous ne sommes pas faits pour appréhender l’infiniment grand, l’infiniment petit et plus généralement les grands nombres. Dans ces domaines, notre « conviction intuitive » ne nous est d’aucun secours et seul le langage mathématique est adapté.
En dehors des mystiques précités, la plupart des gens considèrent que les lois de la relativité restreinte qu’a décrit Poincaré et qu’Einstein a si bien médiatisées, ne posent plus de problèmes de compréhension, mais ce n’est pas exact : On connaît surtout de cette théorie la formule E=MC2 dont la preuve expérimentale est la bombe atomique.
En réalité cette théorie est intuitivement incompréhensible : Elle implique que la lumière se déplace dans le vide avec une vitesse fixe, ce qui implique une nature corpusculaire de la lumière. (une vibration nécessite une matière vibrante pour se propager c’est pourquoi le son ne se propage pas dans le vide). Cela implique aussi que la vitesse de la lumière ne s’additionne pas avec la vitesse de sa source (elle va à la même vitesse si elle est émise par une fusée très rapide, contrairement au voyageur qui court dans le compartiment d’un train). Cela implique encore que ce sont les distances qui se contractent alors que le temps se dilate, et abouti à des conclusions aussi intuitivement absurdes que le voyageur de Langevin qui revient sur terre beaucoup plus jeune que son frère jumeau après un voyage dans l’espace à une vitesse proche de la lumière.(Voir Wikipédia pour plus de détails). Pourtant des expériences avec des particules dans des accélérateurs l’ont prouvé ! (Les particules radioactives ont des horloges internes permettant de mesurer leur temps propre !)
Ces difficultés sont celles que je voulais souligner dans un article récent (« misère de la philosophie »), qui n’incitait pas à renoncer à réfléchir et à philosopher, bien au contraire, mais qui voulait souligner l’impossibilité de le faire sans tenir compte des acquis de la science actuelle, que notre intuition ne peut en aucun cas remplacer. Kant l’avait déjà pressenti dans sa « critique de la raison pure », et certains lecteurs philosophes n’ont pas manqué de le faire remarquer, avec plus de compétence que je n’aurais pu le faire.