Bonjour M. Le Borgne,
Bien sûr des éditeurs vendent des mauvais produits, les libraries montréalaises (je ne saurais dire pour l’Europe) en débordent littéralement. Pour ce qui est de la culture collective que les médias ne voudraient pas montrer, là je décroche.
Un livre ne sera pas plus lu noyé parmi des milliers d’autres sur Internet que dans une librairie, anonyme sur les rayons. Au moins sur les rayons l’acheteur potentiel qui tomberait dessus par hasard aurait la caution d’un éditeur connu avant d’effectuer son achat (sans compter les conseils avisés du libraire s’il s’agit d’un commerce un tant soit peu ‘artisanal’).
Il est de plus selon moi tout à fait normal que les éditeus souhaitent faire payer les fichiers de livres en ligne. Écrire un bon livre demande des mois, voire des années de travail, suivi d’un travail d’édition et de ré-écriture s’échelonnant sur une longue période de temps. Les auteurs et les éditeurs doivent avoir des revenus. Et dans les deux cas, pour l’immense majorité, ils ne vivent pas dans le grand luxe.
Tant mieux si des talents méconnus sont découverts par l’auto-édition, mais la lecture en ligne de l’avenir sera payante et aura recours à des maison d’édition professionnelle, tout comme les journaux en ligne se dirigent vers un mode de diffusion dans lequel le lecteur devra débourser. Et c’est tout à fait normal.
Ce qui l’est moins est que les fournisseurs d’accès à Internet s’en mettent plein les poches en offrant un service ‘gratuit’, que l’on doit pourtant fort cherèrement payer tous les mois, tandis que les fournisseurs de contenu en ligne doivent offrir leurs produits de qualité à perte. Là est le vrai scandale. Il n’est pas dans le fait que les entreprises culturelles veulent être payé pour les oeuvres qu’elles produisent.
En littérature comme dans toutes autre forme d’expression culturelle, il y a différents niveaux de qualité et d’intérêt. Je persiste à croire que si aucun éditeur, des meilleurs aux plus médiocres, n’a voulu d’une oeuvre (et Dieu sait qu’il s’en publie des tonnes de mauvaises), son auteur devrait peut-être se questionner quant à sa vocation d’artiste.
Cordialement,
François Richard