En lisant les posts de ce fil intéressant je me rend compte de plusieurs choses, toutes aussi intéressantes.
La plupart des intervenants récusent la violence. Est ce preuve de maturité ou de lâcheté ?
On pourrait penser que notre société de petits propriétaires vissés dans un mode de vie plus ou moins confortable refuse de prendre des risques pour préparer un monde viable à leurs enfants.
On peut penser aussi qu’échaudé par trois révolutions manquées (1789,1848,1871) le peuple de France a fini par identifier le mot « Révolution » à l’échec de solution radicale et violente. Qu’il a atteint d’une certaine façon une maturité due à l’augmentation du niveau de connaissance.
Il est évident que ce n’est pas parce que les révolutions ont jusque là échoué que l’idée révolutionnaire est condamnée. D’une certaine façon, 1917 découle de 1871. Les soviétiques n’ont pas voulu tomber dans les errreurs de la commune et se sont abîmés dans d’autres choix catastrophiques.
Une révolution apprend toujours de celle qui la précède. Nous ferions mieux aujourd’hui...
La question qui se pose n’est pas de prendre le pouvoir. Malgré les flics, malgré l’armée, si le peuple de France se lève aucune institution ne lui résistera.
Si la prise du pouvoir ne pose qu’un problème de tatctique, la stratégie reste à définir.
A quoi voulons nous nous attaquer au juste ?
En lisant les posts, la réponse me paraît évidente : nous voulons mettra à bas le système capitaliste qui détruit la planète, ramène la vie humaine à la survie au bénéfice d’une infime minorité.
Alors brisons nos chaînes, détruisons le capitalisme à la base.
Le capitalisme signifie : « appropriation des moyens de production ». Ce sont donc les entreprises qu’il convient de révolutionner.
Car tout commence par l’entreprise. Ce n’est pas pour rien que le bourrage de crâne insiste depuis des années à nous présenter le patron (renommé entrepreneur, capitaine d’entreprise etc...) comme l’essence de la perfection humaine. Il faut que nous y croyions sinon le système s’écroule.
C’est au sein de l’entreprise, espace dépourvu de toute représentation démocratique, que nous apprenons l’obéissance à un patron de droit divin. Et ce droit il le tire de sa position de propriétaire.
Les révolutions ont échoué à cause de cela : l’impossibilité d’imaginer une société non hierarchisée mais coopérative. Tant que nous pensons avoir besoin d’un seigneur pour nous dire ce que nous avons à faire, nous remettons en place les germes d’une nouvelle classe dominante qui tirera peu à peu l’orientation de la société vers le service de ses intérêts propres.
Mais nous n’avons pas besoin de seigneur, de maître ou de patron. Si nous le pensons, c’est parce que nous sommes conditionnés pour cela, comme un réflexe pavlovien.
Alors commençons par l’entreprise. Imaginons la pour ce qu’elle est réellement : un espace où des femmes et des hommes mettent leurs compétences en commun pour produire un bien. Pourquoi accepter qu’un type débarque et dise : « Je prends tous les bénéfices, je décide de qui fait quoi, de qui a le droit de vivre ou pas, parce que c’est moi qui avance le pognon ! »
Le patron n’est pas le seul maître à bord parce qu’il est le plus compétent (il peut arriver qu’il le soit mais ce n’est pas l’essence de son pouvoir) mais parce qu’il « possède ».
Dans une société démocratique, cette hiérarchisation héritée du régime féodal n’a aucun sens. Par extension qu’attendre du sens démocratique de citoyens qui passent la plus grande partie de leur vie à se prosterner devant un patron ?
Eh bien exactement ce qui se traduit aujjourd’hui par l’élection de Sarkozy.
Habitués à vivre à genoux, les citoyens/salariés ont porté au pouvoir celui qui, comme dans leur quotidien, était le plus empressé à leur cracher à la gueule. Il faut les comprendre : il ne connaisse que ce genre de rapport, l’homme providentiel ils y croient et cela les rassure. Surtout s’il se montre violent et vulgaire ; ils ont l’impression que ce patron sait où il va et qu’ils n’ont pas besoin de réfléchir. Juste de toucher un petit chèque à la fin du mois.
L’autre dimension du patron ou du chef en général est d’incarner la figure paternelle. Le père sévère et juste des romans bourgeois.
Ce qui signifie, pour les salariés, rester indéfiniment dans le monde de l’enfance. C’est la raison pour laquelle, par exemple, il y a de moins en moins de films pour adultes au cinéma. Raison pour laquelle toute l’industrie de la consommation est tournée vers la glorification de l’enfance, vers l’éloge de l’absence de résistance à la frustration. L’achat compulsif « faites vous plaisir » est le propre d’un schéma puéril.
Alors la voila, la révolution, devenons adultes !
Nous n’avons pas besoin de patrons pour produire ce que nous devons consommer. Un paysan, un artisan, et nombre de professionnels n’attendent d’ordres de personnes. C’est pour ça qu’il a fallu le crédit bancaire pour les faire tenir tranquilles (cf : les ravages du crédit agricole et son immense responsabilité quant au développement de l’agriculture productivste folle).
Mais de la même façon que nous n’avons besoin que de coopération pour faire tourner n’importe quelle entreprise, nous n’avons pas besoin de ces banques là pour générer du crédit.
Les banques sont dépendantes de nous et internet nous donne un moyen de pression énorme (d’où les tentatives de restriction du net).
Supposons que nous mettions tous nos comptes dans une structure virtuelle coopérative et démocratique obéissant à la loi de l’équilibre comptable et renonçant aux profits.
Nous pourrions, par le crédit, générer l’argent dont nous aons besoin pour faire marcher nos structures de production coopératives foncionnant en réseau.
Si nous prenons conscience de cela, le capitalisme et sa société pyramidale sont morts.
Il y a de très intéressantes tentatives en ce sens en Argentine, par exemple. Des ouvriers licenciés ont réoccupé leurs usines pour y produire les mêmes biens sous des modes coopératifs. Un peu ce qu’avaient voulu tenter les ouvriers de LIP avant de se voir sabotés par les banques et le pouvoir politique pris de panique devant ce qu’ils ont considéré (avec justesse) comme le début de la fin de leur domination...
L’histoire du mouvement d’émancipation est riche, inspirons nous de ses idées pour réussir un monde d’adultes libres !