Ce qu’il foutait dans une ONG, c’est qu’il était précisément un expert dans le domaine. On ne devient pas expert en bombardement en cueillant des pâquerettes. Si ce monsieur a priori peu sympathique a par la suite souhaité
contribuer à améliorer le monde dans lequel il vit, c’est sans doute à
porter à son crédit. Du reste, vous n’abordez ni dans votre papier, ni dans votre réponse, la question essentielle : à quel niveau travaillait-il exactement ? S’il a pris des photos satellites, a pointé tous les starbucks de Bagdad et fait le pied de grue devant le bureau du général Bullmasher pour qu’il les napalme, il est coupable. Si, comme c’est vraisemblable connaissant la bureaucratie militaire, on lui a simplement demandé quels étaient les endroits les plus probables où trouver Saddam, il n’a fait que son boulot. J’irai même jusqu’à dire qu’il a peut-être simplement essayé de sauver des vies. Après tout, si ces bombardements avaient incidemment atteint leur cible, il n’y aurait pas eu besoin d’envahir l’Irak, ce qui aurait épargné bien des vies.
J’ai l’impression que vous vivez dans une sorte de monde enchanté où il y a d’un côté les gentils et de l’autre les méchants. C’est triste, à votre âge, de n’avoir rien compris de la vie.