L’art contemporain, iconoclaste ou précurseur soit-il ne doit pas non plus transgresser certaines limites. De là à ce qu’il y ai une association qui entame un procès à tout va sous prétexte que quelques individus se sont sentis choqués par certains œuvres, cela semble farfelu même si le but avoué est louable. Il y a toujours une mesure dans la démesure et donc des règles à fixer, au préalable, et auxquelles responsables organisateurs et artistes exposants doivent se plier.
Je rejoins Wywy dans le sens de ses derniers commentaires et il y a là matière à réfléchir, excès des lois contre excès de liberté.
L’“Art Contemporain” contre l’“Art-Art”
« ...Le discours légitimant, jusque-là admis, de « l’art contemporain » (AC) avec sa fonction critique et sa remise en cause (bénéfique) de tout ordre, apparaît plutôt de l’ordre du cynisme que d’un grand projet humanitaire... L’AC bénéficie cependant de l’ancien privilège de « l’art-art » (AA) qui admet la transgression des normes par les artistes.
Cette liberté s’appliquait à la création d’œuvres ou l’artiste opérait une transposition formelle de la réalité, comme, par exemple, peindre un tableau, écrire un roman. On ne pouvait lui reprocher la moralité du sujet ou des personnages car la fiction opérait une distanciation qui permettait de voir. L’art était justement ce travail de transposition, cette alchimie de la mise en forme qui faisait que l’on pouvait donner à voir, comme dans un miroir, la réalité en face sans mourir.
Le problème est que l’AC ne fait pas ce type de travail, il prétend « présenter » la réalité telle quelle. Et là, tout se gâte...
Ainsi parmi les œuvres de l’exposition on peut voir la photo d’une petite fille maquillée comme une femme et nue dans son bain, elle n’est pas peinte, elle est vraie. De même sur les vidéos incriminées, des enfants en chair et en os sont pris par l’objectif du photographe. (20 œuvres incriminées sur un total de 200 - 80 artistes)
Un problème se pose : quelle différence peut-il y avoir entre l’artiste qui montre une photo ou une vidéo où se trouvent des enfants dans des situations équivoques et un fabricant de produits pornographiques à vocation commerciale poursuivi par la loi ?
La différence n’est pas dans la forme et l’apparence de « l’œuvre », mais dans le statut d’artiste de celui qui l’a créée et dans la reconnaissance des institutions qui l’expose.
Il faut donc avoir foi en l’AC pour admettre la différence. Or cette foi vacille : l’art contemporain est en pleine métamorphose, et beaucoup s’interroge... »
http://www.libertepolitique.com/public/decryptage/article-1743-Presumes-Innocents-L’art-contemporain-devant-les-juges.html(lien complet dans le cas où l’autre ne fonctionne pas.)
...A méditer...
Cordialement,
P.M.