Bonjour
dugué
J’ai
bien aimé ton analyse, mais je crois que cela a commencé il y a longtemps, le
caractère disproportionné que tu constates dans les champs que tu cibles sont
les signes d’un espèce de perte de repères du à la peur pour l’essentiel, il s’affronte
deux champs sur un quiproquo « la mondialisation. La mondialisation n’est qu’un
expansionnisme capitalistique des relations de production qui engendre et
structure des comportements sociaux dont l’inquiétude, qui naît de son contrôle
surdimensionné qui échappe aux individus, crée les manifestations de peurs se
manifestants diversement, ou conduisant à ne plus s’interroger devant la
complexité.
Cette
impossibilité à comprendre la complexité pour tous, génère la régression qui se
manifeste par la recherche d’espace rassurant (y compris celui du dictateur). En
1999 j’essayé d’aborder le sujet sur un plan « névrotique ».
« …..Bien
que j’aie expliqué le caractère « fictif » de la monnaie, et reconnu sa
fonction essentielle, nous la regardons tellement avec des yeux de Chimène,
qu’elle est devenue notre prison. Cela, comme si sans elle, il n’y avait plus
de monde.
Oser
imaginer que notre intelligence pourra prendre conscience de ses capacités
socialisantes paraît relever du fantasme, tant notre violence
« culturalisée » nous effraie, et même imaginer un monde sans monnaie,
c’est frôler l’asile psychiatrique.
Ceci
comme si sans monnaie, nous ne pouvions plus apprendre, plus produire, plus
créer, plus aimer ou détester. C’est là toute la limite, entre utiliser un
outil (le langage économique), et croire ne dépendre que de cet outil jusqu’à
en faire un guide spirituel.
Mais,
c’est là aussi une source de névroses individuelles
ou collectives. Individuelle pour tous ceux qui peuvent ou bien ne peuvent
accéder à la monnaie, et qui se construisent des univers personnels. Collective
pour des sociétés entières qui s’opposent des schémas culturels auxquels ils
voudraient que les autres adhèrent, dont l’histoire récente de l’Iran est
l’exemple type.
Il
me semble important de définir brièvement ce que j’entends par névrose.
L’homme,
comme toutes les autres espèces, communique avec son environnement. Son
environnement n’est pas seulement la planète terre avec ses habitants mais tout
l’univers, et nous réagissons comme un émetteur récepteur. Donc notre bon fonctionnement
dépend de ce que nous puissions parfaitement émettre et recevoir. Ainsi chaque
fois qu’une partie de ces fonctions est altérée, il y a dysfonctionnement et
« dyscommunication » ou dysharmonie (bruits).
L’altération
peut provenir aussi bien de notre environnement que de nos semblables, que de
la culture développée par les sociétés que nous formons (leurs normes, et la
diversité culturelle fermée et exclusive).
Ainsi,
« bien réussir sa vie comme nous le disons », dépend de notre faculté à
concevoir un langage qui est l’expression de nos sens (émetteur), qui peut être
reçu sans distorsions (récepteur), et réciproquement.
Donc,
chaque fois que nous émettons un message qui n’est pas reçu, compris, refusé ou
déformé nous le refoulons, et son intériorisation constitue une névrose
entraînant le repli sur soi qui déforme les messages émis ou reçus avec
l’environnement.
Un
nombre important de névroses ou une profonde névrose entraîne une tendance à se
créer un monde à soi, à s’isoler.
Pour
Sigmund Freud, « la névrose est caractérisée par le fait, qu’elle donne à la
réalité psychique le pas sur la réalité de fait, qu’elle réagit à l’action des
idées avec le même sérieux avec lequel les êtres normaux réagissent devant les
réalités ». A la longue, ces dysfonctionnements provoquent d’authentiques
complexes d’infériorité, de culpabilité ou /et des angoisses, qui consument une
plus grande quantité d’énergie interne sans en recevoir de l’extérieur par le
relationnel, et conduisent à de graves maladies (paranoïa et schizophrénie).
En
conséquence je peux dire que pour les sociétés ou les États il en est presque
de même, c’est
l’incommunicabilité des diversités culturelles. Cette incommunicabilité entraîne la perception de l’autre comme
étranger, l’obsession de l’agression, l’hégémonie comportementale,
l’isolationnisme.
Ces
comportements névrotiques dus à la peur engendrent les guerres qui consument
l’énergie de ces États ou ces Sociétés. Énergie que sont les vies humaines,
pour conduire à une maladie grave, la misère. Pourtant dans encore beaucoup
d’esprits grégaires la guerre et la misère sont présentées comme une régulation
« naturelle », là, où il n’y a que les conséquences de la recherche d’une
conquête économique et la préservation de sa richesse.
Pourtant
qui aujourd’hui ose dire à nouveau que la multiplicité des langues et dialectes
sont un frein à la communication des êtres entre eux et un facteur de violence. Nous traînons ce boulet comme symbole d’une identification
culturelle et nationale. Alors qu’il n’est plus aujourd’hui où tout circule de
par le monde, que l’expression du refus de s‘ouvrir aux autres par
l’apprentissage d’une langue commune universelle. Puis reste le refuge de ceux
qui ont peur par ignorance de ce qui se trouve au-delà de leur horizon de
compréhension, et qui l’exprime en justifiant la nécessiter de recouvrer leur
racine. Ceci en réduisant au plus petit espace leur communauté linguistique
dans celle du passé, ceci porte un nom, cela s’appelle une régression. La nécessité pour l’individu de disposer d’une
langue, pour échanger et se reconnaître dans son semblable sa famille son
groupe son genre, ne devraient être que des étapes, des sous-ensembles
rassurants, pour aller en toute confiance vers l’espèce. De structurer son psychisme dans un espace
limité et tranquillisant, pour pouvoir s’ouvrir aux autres, au monde.
Tant
qu’à faire pour être certain de retrouver nos origines il suffit de ne pas
apprendre à parler.
Une
autre conséquence de la peur, et celle de la « policiarisation de
proximité ». Cela peut se comprendre, d’une part, depuis que les espaces
frontaliers ont été ouverts, car l’activité de contrôle et de filtre qui était
le leur, si elle doit être effectuée, s’effectue dorénavant au niveau de chaque
individu dans leur quotidien. Cela entraîne une multiplication de contrôles de
la vie privée (papier et vidéo). D’autre part, cela se comprend surtout par le
« phénomène d’insécurité » d’une société qui est névrotique. En l’espèce,
je ne veux pas développer un point de vue naïf, ignorant des besoins de
sécurité, d’un État, du civil et du pénal. Mais, je veux m’attarder sur le
phénomène de la perception du besoin de sécurisation constant, comme indicateur
d’un symptôme d’une sociabilité « socio-économique » qui évolue mal.
Évolue mal, puisqu’elle sécrète ses propres
agents agresseurs (quelle qu’en soit la cause), et suffisamment pour que la
communauté désire que sa sociabilité s’exerce sous le contrôle des forces de
coercitions, police, justice ou en si auto protégeant. Ceci, non plus comme l’exercice de la correction
d’un taux inévitable de violences et de déviances inhérentes à toute société
dans le cadre de concomitances d’événements probabilistes. Mais, comme force de
compensation, d’une société ayant une tendance à générer de la violence, comme
caractéristique d’une absence ou d’une diminution de ses capacités à communiquer,
sous son autorité de fait, par son désintérêt pour l’exercice de sa citoyenneté
socio-économique de ses relations socialisantes, et qui se sent en permanence menacée dans son égoïsme, courant le
risque de l’enfermement, de l’isolationnisme, et de la paranoïa….. »
Cordialement.