En tant que libéral numéro 2 de service, je vous recommande l’ouvrage d’un économiste distingué (et plutôt keynésien que libéral) , Charles Kindleberger : « Histoire mondiale de la spéculation financière ». Cet ouvrage montre comment les bulles spéculatives se sont formées pour tenter d’en tirer des généralités. A l’origine des crises, il y a un excès de monnaie en circulation, alimentant l’euphorie générale.
La compréhension du mécanisme des bulles permet de mieux comprendre les origines de la crise actuelle. Chez les économistes libéraux (les philosophes libéraux s’intéressent moins à ces question complexes), dominent deux écoles : les monétaristes de la fameuse école de Chicago qui défendent la conception d’une banque centrale et de la rigueur monétaire. Ils ont décortiqué la crise de 29 et trouvé que la transformation d’une crise boursière simple comme on en a vu d’autres en un krach économique provient en partie d’une mauvaise politique de la Fed qui aurait tué les banques de l’époque, bloquant totalement le crédit et entrainant nombre d’entreprises dans la faillite par manque de trésorerie. Greenspan a donc choisi, après 2001, de conserver une politique monétaire très laxiste pour ne pas transformer les difficultés de l’époque en grande crise. Mais il n’a pas retenu les leçons de Milton Friedman qui rappelle que de telles politiques doivent être courtes pour ne pas alimenter de nouvelles bulles. Greenspan a donc nourri l’actuelle crise de crédits immobiliers aux EU au lieu de revenir à une politique monétaire plus stricte.
L’autre école, celle de Mises (prof de Hayek), préconise l’abandon des banques centrales et le retour aux monnaies libres avec des banques responsables de leur bilan auprès de leurs clients sans pouvoir les gonfler grâce au soutien de banques centrales, donc à des conditions beaucoup plus drastiques pour éviter les effets de levier. Cette théorie reprise par Murray Rothbbard puis par d’autres économistes, fut celle de Ron Paul qui prôna le retour à l’étalon or sans Fed aux Etats-Unis avant le démarrage de la crise actuelle. Ce qui lui a assuré un joli succès lors de la campagne présidentielle même si sa candidature n’est pas allée loin. Petites explications accessibles et en ligne ici ou là, je vous laisse creuser.
Et sur le libéralisme, voici une petite synthèse rapide.