Deux trois petites choses ....
"Notre informaticien réalise que
tout n’est pas rose dans le
fonctionnement de cette banque et tente en vain de faire respecter la
réglementation."
Ca c’est ce qu’il déclare. Mais vous avez le
droit de croire qu’une personne qui arrive à extraire des données
auxquelles elle n’a pas normalement accès, qui sort ces données du pays,
en infraction non seulement avec son contrat de travail, mais aussi
avec la législation suisse, vous avez le droit de croire que cette
personne est foncièrement honnête.
Qu’il ait tenté de prévenir sa
hiérarchie,
pourquoi pas. Rien ne peut le
prouver, mais rien ne peut l’infirmer non plus. Donc bénéfice du doute :
il a dû prévenir sa hiérarchie.
Qu’il ait prévenu les
autorités, alors il dispose d’une copie de sa déclaration auprès des
autorités. Pourquoi ne la publie-t-il pas ? Ca règlerait le problème de
doute sur sa probité à vouloir signaler aux autorités suisses ces
informations avant de prendre la piste de Beyrouth.
D’ailleurs,
quelle drôle d’idée d’aller à Beyrouth pour "mettre cela sur la place
publique" ... Pourquoi pas en Allemagne, où les sources policières sont
protégées ? Pourquoi pas aux US, pour les mêmes raisons. Il paraît,
pourtant, que dans cette liste il y a des contribuables de ces pays.
Mais non, il a choisi le Liban. Curieux.
Moi, je doute autant de
sa version, de celle de sa complice que de celle des autorités. Les deux
ont trop à perdre à admettre une « amélioration » de leur version.
Je
n’en sais rien. Mais je ne me permets pas de présenter cette personne
comme « un juste », qui a voulu prévenir tout le monde et qui est sans
tâche dans cette histoire ...
"Dans cette liste, il y a 4000
noms français dont les avoirs
correspondent à 6 milliards d’euros "
Je me sens obligé de
vous rappeler
une petite chose. Disposer d’un compte en Suisse n’est pas illégal. Ce
n’est même pas de la fraude.
Ca devient de la fraude lorsque :
- vous cachez l’existence de ce compte (il est obligatoire de déclarer
l’existence d’un compte à l’étrange)
- vous faites transitez vers ce
compte de l’argent via des mécanismes frauduleux (valises de billets,
revenus en France versés directement en Suisse sans déclaration préalable, commissions à l’étranger, héritage non déclaré, etc...)
- lorsque
vous omettez de déclarer les revenus perçus à l’étranger sur ces
comptes, fussent ces revenus non imposables en France
- le fait de ne pas déclarer les
avoirs sur ces comptes, afin d’éviter l’ISF
Rien que pour HSBC, il y a, par exemple,
les comptes des employés français résidents en France, mais percevant
leurs revenus et primes sur leurs comptes suisses (législation oblige).
Ces comptes
sont-ils dans les fameux 4000 ?
Mais, rien que sur
Genève, il y 82000 frontaliers vivant en France, et disposant d’au
moins un compte en Suisse. Sont-ce tous des fraudeurs ? Et les suisses résidents français ? Et les frontaliers des autres cantons ?
Un raccourci plus que rapide...