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Commentaire de ffi

sur Les origines celtes de notre identité nationale


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ffi ffi 9 mars 2010 21:46

Vous écrivez beaucoup, c’est difficile de répondre.

Je suis ravi de votre ouverture à la nuance objet / sujet. Maintenant, il est question de l’organisation du sujet. Celui-ci est limité par une peau, qui encaisse les forces extérieures, si elle peut, et il est aussi le lieu d’un « métabolisme » interne, une activité intérieure. Bon, à la base j’ai formulé cette réflexion à partir de considérations cosmologiques et biologiques. Cela revient à la « monadologie » de Leibniz, sauf que ce ne fut pas trouvé par des considérations de perfection.

Il me faudrait avoir une réflexion sur la linguistique en particulier, mais je suis bien moins connaisseur que vous dans ce domaine. J’ai plutôt eu une approche selon ma double formation physique / philosophie où j’ai cru repérer les insuffisances de « l’atomisme » dans l’organisation de la connaissance (la manière de les relier). Je ne suis pas historien, donc vous m’excuserez ma naïveté.

Bien, une civilisation peut être vue comme un sujet. Elle a comme une « peau » qui la protège (typiquement, des douanes et des péages, une langue propre, des signes de reconnaissances propre, une religion et une culture). Elle a un métabolisme interne, son organisation sociale, ses productions artisanale, ses productions agricoles, son économie... Elle est elle-même confronté à un métabolisme externe, par exemple, le commerce international, les migrations humaines, les nouvelles idées.

Si une civilisation prospère, et se perpétue, cela signifie qu’elle est en capacité de se protéger efficacement des influences étrangères, des subversions, des corruptions, des envahissements, etc...

Logiquement, cette civilisation, puisqu’elle est prospère, aura des points d’ancrage solides, elle aura eu l’intelligence de fonder des places fortes dans des lieux à proximité immédiate de ces principales sources de revenu.

C’est ce qui me fait imaginer que Mont-Saint-Vincent, belvédère permettant de voir tant le Châlonnais, le Mâconais, Le Creusot, la passe de longpendu - c’est-à-dire, deux voies de commerces importantes (la Saône et le passage entre Loire-et-Saône), source de revenus douaniers, tout en étant à distance raisonnable, et aussi une place-forte difficile à prendre, est éminamment important à posséder pour établir sa proéminence dans la Bourgogne-Sud.

De plus, le groupe maîtrisant ce lieu a un avantage manifeste sur tous les autres, parce qu’il voit tous les mouvements de troupe à 40km à la ronde. Sa situation en altitude est forte, il est en situation de supériorité.

Donc, peu m’importe l’interprétation cannanéenne de Mr Mourey (j’admets néanmoins d’avoir toujours été troublé par cette symbolique du Lion en Europe, région dont cet animal est absent). Je pense qu’à l’origine sa réflexion est purement stratégique et qu’il cherche tout les arguments possibles et inimaginables (sans votre érudition linguistique) dans le seul but de faire des fouilles à Mont-Saint-Vincent.

Il se trouve que je partage avec lui l’idée que cet emplacement pourrait bien apporter des éléments très intéressants d’un point de vue historique.

Si vous regardez les évènements dans l’espace de l’Asie centrale, Alexandre le Grand, les Turcs, les perses, les arabes, les mongols, même les scythes : les contraintes du terrain obligent physiquement les hommes à suivre toujours les mêmes routes (la route de la soie). Même aux temps modernes, voyez le grand-jeu entre Russe et Britannique, ou encore aujourd’hui avec l’Otan.

Certes, le fait d’être un promontoire n’est pas suffisant. Qui irait fouiller l’Everest ou le Mont-blanc ?

Mais Mont-Saint-Vincent est un promontoire habitable, doté d’eau, fort défensivement, et à proximité immédiate de deux voies majeures du commerce en Gaule : Saône et Seuil du Longpendu.

Je trouve que cela a du sens.
Réfléchissez-y. Pensez à Mont-Saint-Vincent en tant que tel. Après je ne peux vous obliger à éprouver de la curiosité pour ce genre d’endroit merveilleux.

Quant à concevoir que les anciens pensaient la stratégie militaire comme nous le penserions nous-même et s’en servir comme indice, c’est une opinion.
C’est aussi une opinion de concevoir qu’ils pensaient différemment et donc qu’il est impossible de se servir de son empathie comme indice.

Je ne saurais prouver laquelle de ces deux est vraie, mais effectivement, j’ai tendance à opter pour la première. Est-ce la lecture de Platon qui me fait penser que bien peu nous sépare des anciens ?

En fait cette logique est largement imposée par les contraintes géophysiques. Les routes du commerce tendent à emprunter les vallées, non les lieux accidentés, tandis que les places fortes se forment sur les escarpements, non en plaine ouverte.


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