Obama qui prépare le terrain Amérique du sud :
"Les présidents sud-américains ont adopté un texte de compromis
pour surmonter la crise provoquée par un accord militaire
américano-colombien, dans lequel ils lancent un avertissement contre "la
présence de forces militaires étrangères" dans la région.
Les chefs d’Etat "réaffirment que la présence de forces militaires
étrangères ne peut (...) menacer la souveraineté et l’intégrité d’un
pays sud-américain et en conséquence la paix et la sécurité de la
région", selon la déclaration finale du sommet de l’Union sud-américaine
des nations (Unasur) organisé vendredi à Bariloche, dans l’ouest de
l’Argentine.
Le texte fait ainsi référence, sans les nommer, aux nouvelles forces que
les Etats-Unis s’apprêtent à déployer en Colombie. Mais il peut
s’appliquer aussi à d’autres forces étrangères qui pourraient être
déployées en Amérique du sud.
Cette réunion avait été convoquée pour désamorcer la crise régionale
provoquée par l’annonce de cet accord qui prévoit que les Etats-Unis
puissent avoir accès à sept bases militaires colombiennes.«
»Un accord sur le point d’être conclu avec la
Colombie permettra bientôt aux États-Unis d’occuper sept bases
militaires du pays (deux terrestres, trois aériennes et deux navales)
disposées aux points les plus stratégiques.
Ainsi Laranda et Apiay se trouvent dans le sud et
l’est amazonien, près des frontières brésilienne et
vénézuélienne ; Tolemaida et Palenquero sont au centre du pays ; Malambo
et Carthagena sont dans le nord et débouchent sur les
Caraïbes tandis que la base navale de Malaga est située sur l’océan
Pacifique.
L’accord prévoit que 600 militaires et 800
contractants y accompliront du travail d’intelligence sous les ordres
d’un Colombien. Mais ce personnel sera couvert par l’immunité
diplomatique et, en cas de crise, son nombre sera illimité.
Le président Uribe présente l’accord comme une
initiative de son pays pour combattre le narcotrafic et le « terrorisme »
des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) alors que,
pourtant, dénonce la diplomatie brésilienne, il ne cesse d’annoncer que
la guérilla est affaiblie voire presque annihilée.
« Soit il ment sur ce point,
dit le reporter Maurice Lemoine du Monde diplomatique, soit
l’objectif américano-colombien est bien plus large, les deux hypothèses
se complétant d’ailleurs parfaitement. »
De fait, beaucoup de raisons permettent de ne pas
croire le tandem Washington-Bogota quand il prétend que les pays voisins
n’ont aucune crainte à avoir d’une présence militaire états-unienne
près de chez eux.
La principale de ces raisons est que, appuyés par ce
que Lemoine appelle un « maccarthysme médiatique », les
États-Unis et la Colombie s’emploient déjà « à définir qui, dans la
région, est terroriste et qui est narcotrafiquant ».
Sans s’embarrasser de la moindre preuve sérieuse, les
deux pays ne cessent d’accuser le président Chavez de livrer des armes
aux guérillas colombiennes et de leur ouvrir des routes pour le trafic
de drogues vers l’Amérique centrale.
Ils accusent aussi le président équatorien d’avoir
accepté un financement des FARC pour sa campagne électorale et de faire
de son pays un « sanctuaire » pour les mêmes FARC.
Ces mensonges, dit Lemoine, « décrédibilisent chaque
jour un peu plus les gouvernements de l’ALBA (Alternative
bolivarienne pour les Amériques, formée entre autres par Cuba, le
Venezuela, le Nicaragua, l’Équateur et la Bolivie) aux yeux de
l’opinion internationale ».
« En cas de tentative de coup d’état ou de
déstabilisation les affectant, il sera d’autant plus aisé de renvoyer
agresseurs et victimes dos à dos, voire de justifier le
renversement de ces présidents qui dérangent ».