Moi, ce pour quoi je paye, c’est pour un confort de vie qu’envieraient des milliards d’hommes et de femmes sur Terre : des hôpitaux avec des médecins compétents quand je suis malade ou que je me blesse, des écoles et des universités qui ont fait de moi un docteur et en feront de même, je l’espère, pour mes enfants. Je paye pour avoir de l’eau en abondance quand j’ai soif, de l’électricité pour m’éclairer le soir. Je paye pour m’asseoir devant mon écran de télé avec mon plateau repas bien garni. Je paye pour un réfrigérateur qui me fait de bonnes boissons bien fraîches en été et pour des radiateurs qui me tiennent chaud en hiver.
Mais je paye aussi pour permettre à certains de prendre leur retraite, de bénéficier d’allocations chômage et de remboursements de leurs frais médicaux. Je paye pour donner un RSA à ceux qui sont en grandes difficultés ou pour fournir des habitations à loyer modéré à ceux dont les revenus sont trop faibles. Je paye pour vivre dans une société solidaire et bienveillante qui, malgré ces nombreux défauts, m’offre un cadre de vie d’une rare qualité en ce monde.
Je paye pour vivre dans une société qui a fait le choix du capitalisme et de la démocratie et, s’il m’arrive parfois de penser que cette société devrait faire encore mieux, pour rien au monde je ne voudrais la quitter. Je n’ai d’ailleurs qu’à voir tous ces immigrés qui tentent chaque année de rejoindre mon pays à toute fin et quelques fois au péril de leur vie, pour réaliser combien ils sont nombreux sur Terre les hommes qui auraient aimé que leurs ancêtres fassent comme les nôtres (ou ceux des Japonnais), le choix du capitalisme et de la démocratie...