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Commentaire de thomthom

sur Sombre avenir


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thomthom 14 juin 2010 15:14

« Sombre avenir »
Malheureusement, je crois que ce titre n’est pas exagéré
Entre
- un président que j’abomine et sa politique imbécile et injuste
- la médiocrité de la classe politique en France : Même si on pouvait virer sarko d’un grand coup de pied dans le fion, qui de crédible pourrait-on choisir pour le remplacer ? en ce qui me concerne, je ne vois malheureusement personne.
- l’état catastrophique de notre économie, dans une totale impasse : La dette et les déficits publics sont monstrueux et nous mènent dans le mur à coup sur. Pour redresser la situation, il faudrait soit augmenter les impôts, soit une économie plus florissante, soit réduire les dépenses de l’état de manière drastique.
 . les pauvres et les classes moyennes suffoquent déjà économiquement. On ne peut donc décemment augmenter leurs impôts. Les riches et les entreprises sont les plus mobiles : augmentez leurs impôts et ils partiront à l’étranger, là où ils vivront mieux... et au final nous serons tous perdants car ils ne consommeront plus en France et n’y paieront plus un centime d’impôt.
 . pour l’économie florissante, on repassera : étant donné la concurrence des pays émergeant, on ne peut plus rien produire chez nous... bientôt ces pays seront suffisamment avancés pour concevoir les produits, et ce sont carrément les centres de recherche (la seule chose qui nous reste) qu’on délocalisera. Fermer les frontières ? on en arrive à un point où on se demande si finalement ca ne serait pas la moins pire des solutions... mais ça aussi, il faut bien voir que c’est à double sens (on ne vendra plus du tout rien à l’étranger)... le bénéfice serait au mieux minime... et puis, les produits actuels sont pour beaucoup tellement techniques (couteux à concevoir) qu’ils n’ont aucune chance de pouvoir être rentabilisés avec le seul marché français voire européen.
 . pour les économies du coté des dépenses publiques, même si il reste encore de la marge en ce qui concerne l’optimisation « non douloureuse » des dépenses (optimisation des méthodes de travail des administrations, meilleure sélection et maitrise des investissements publics...), pour travailler parfois avec des administrations, j’ai souvent l’impression qu’exploiter ces « marges d’optimisation » est quasi mission impossible vu la lourdeur, l’inertie de la machine dont on parle et souvent aussi de la mentalité des personnes auxquelles on a affaire (qui refusent « par principe » toute notion de productivité). Reste les économies « douloureuses », qui passent par la dégradation des service utiles rendus par l’état et les collectivités. Inacceptables pour les plus démunis, très pénalisantes pour les autres et de toutes façons dans une large mesure contre productives car en étouffant un peu plus les gens, on réduit leur potentiel de contribution à faire tourner la machine économique (baisse de la consommation...).

Bref, aucune des solution ne tient la route, rien ne peut marcher... alors les politiques, de manière assez malhabille tentent un mélange d’un peu de tout... pas très cohérent, mais pas trop risqué.... et surtout qui ne risque de pas produire des résultats probants. Ils font pencher la balance un peu plus d’un coté ou d’un autre en focntion de leur idéologie de rattachement, mais dans le fond, ça ne change pas grand chose.

Bref, ceux qui réfutent l’idée de paupérisation de notre société me font doucement rigoler... ils ne doivent pas souvent sortir de leur tour d’ivoire... ni comprendre ce que le mot dette veut dire
Les conditions de travail dans presque toutes les entreprises se dégradent d’année en année (ça c’est pour ceux qui ont la chance d’avoir un boulot stable... qui sont de moins en moins nombreux). On loge aujourd’hui des cadres moyens dans des logements qui étaient ceux des classes populaires il y a quelques dizaines d’années. Les cadres vont faire leurs courses au hard discount...
Alors qu’en est-il pour les classes populaires ? ceux qui sont au smic (de plus en plus nombreux) ou ceux qui n’ont pas de boulot ! jusqu’où vont-ils « descendre ?

Là où je ne vous suis pas, par contre, c’est quand vous accusez la hausse des très hauts revenus de tous ces maux.
Certes, elle est réelle et socialement déplorable. Mais il ne faut pas oublier qu’elle n’est pas si simple à contrer en raison de la concurrence fiscale entre les pays... et haïr ces personnes et souhaiter »qu’elles se barrent« n’est certainement pas la bonne solution car cela ne ferait qu’aggraver nos problèmes. ça fait cher payer le soulagement de nos rancoeurs et jalousies.
Mais surtout, je doute fort que toute cette »richesse excédentaire« soit à ce point énorme qu’elle suffirait à résoudre tous nos problèmes, économiques et donc sociaux.
On ne parle que d’un infime minorité de la population (surtout en France, où les inégalités sont largement moins flagrantes qu’ailleurs)... un pouyeme de rien du tout. Prenez à ces gens tout ce qu’ils possèdent, et répartissez tout cela entre les millions de personnes en galère (en en laissant quand même un peu pour les dizaines de millions en semi-galere), et je suis convaincu que ca ne représentera pas grand chose par personne.

Bref, ce problème est réel mais symbolique.

Le vrai problème se situe plutôt au niveau de la régulation du capitalisme mondial. Le capitalisme n’est pas monstrueux, à condition d’être bien régulé. Depuis quelques années, il n’est plus du tout régulé (ou l’est bien mal)... et il devient auto-destructeur.
Qu’est-ce qu’il faudrait ? juste deux exemple :
- empêcher la spéculation, qui fait que les entreprises sont gérées sur du très court terme, et donc condamnées sans scrupules par ceux qui les possèdent dans le but de maximiser les profits immédiats. plus d’investissement de long terme, plus de role social... brefs, les actionnaires n’agissent plus en investisseurs/entrepreneurs mais en parasites.
 - libérer totalement les monnaies. pas de libre échange des biens sans un marché libéré des monnaies. Pourquoi la chine nous concurrence à ce point ? car sa monnaie est largement sous-évaluée de manière artificielle.
problème : je me suis arrêté au y’aka fauqon... en pratique personne ne connait de solution sérieuse et fiable qui permettrait d’atteindre ce genre d’objectif à coup sur... et quand bien même on tiendrait une solution théorique, il faudrait que tous les pays du monde l’acceptent de l’adaptent en même temps.... autant dire... quand les poules auront des dents

Conclusion....

vous avez raison »sombre avenir"
Mais par pitié... ce n’est pas avec de la haine qu’on améliorera notre situation... certainement pas.
La haine ne pourra que aggraver les choses, soyez en certains.
et malheureusement, j’ai senti beaucoup de haine dans le déroulé de votre article.

Quant à votre critique absolue de la politique sécuritaire du gouvernement, j’y mettrai juste un bémol : il est normal que face à l’augmentation des menaces ( délinquants de plus en plus jeunes et de plus en plus violents, malfrats de plus en plus lourdement armés, risque terroriste non négligeable...), les forces de l’ordre bénéficient de moyens plus importants.
Idéalement en homme, formation ET équipements... mais à défaut de crédits illimités (ça serait plutôt le contraire), c’est bien l’équipement qui permet d’améliorer un peu les choses sans couter trop cher. L’erreur, ce n’est pas de développer la vidéosurveillance, mais de la présenter comme une réponse suffisante et universelle. Ce n’est qu’un outil, ayant une certaine efficacité, mais limitée, comme tout outil, et dont le bénéfice et l’acceptabilité réels dépend de la façon dont on l’utilise.
Quant aux résultats... c’est clairs, ils sont clairement insuffisants... mais ce n’est pas une raison pour ne rien faire dans ce domaine.


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