Je peux en citer quelques-uns : tous ceux qui nécessitent que l’on lise ou que l’on écrive ! La grammaire aide à mieux lire et à mieux écrire. Il ne faut pas la considérer simplement comme une discipline de règles obscures (comme c’était souvent le cas avant). Même si vous ne connaissez pas le sens exact de COD, sujet, verbe, chaîne anaphorique et autres, cela ne veut pas dire que vous ne maîtrisez pas ce qu’ils sont et que vous ne les faîtes pas fonctionner. La grammaire, en tant que science, renseigne sur le fonctionnement de la langue.
Malheureusement, je pense qu’avec des idées très rigides et souvent erronées de ce que doit être la grammaire, elle a perdu tout son sens...
Dernier exemple pour illustrer jusqu’où peuvent mener les croisades grammairiennes : l’Académie au 17e siècle avait institué une règle qui devait réguler l’usage du passé simple et du passé composé : si l’action se situait dans les 24 heures, il fallait utiliser le passé composé, au-delà, le passé simple. Lisant « Le Cid » de Corneille, l’Académie a donc condamné les deux vers suivants (Le Comte raconte comment il a insulté Don Diègue quelques heures auparavant) :
"Je l’avoue entre nous, quand je lui fis l’affront
J’eus le sang un peu chaud et le bras un peu prompt."
Corneille a dû les changer en :
"Je l’avoue entre nous, mon sang un peu trop chaud
S’est ému d’un mot et l’a porté trop haut." (merci à Carole Tisset pour cet exemple)
Le manque de souplesse dans la vision de la langue n’empêche d’ailleurs pas qu’elle évolue puisque la version originale, de nos jours, ne choque personne !