Perseus,
Si vous relisiez plus haut mon (rapide et imparfait) diagnostic, vous verriez que je tiens compte de toute la complexité sociale du problème. Y compris pour la drogue, où nous ne sommes pas très éloignés dans nos analyses.
Mais il y a l’immédiat, et cet immédiat est fait du sentiment grandissant d’insécurité, vérifié dans les faits hélas. Et exacerbé par l’arrogance des criminels qui, après avoir commis leurs forfaits, recourent à toutes les astuces de la loi pour se défendre.
Je parlais de Bronson en songeant bien entendu à cette affaire qui avait défrayé la chronique à New York il y a trente ans, un homme qui s’était défendu dans le métro contre une bande qui l’agressait et avait paralysé un de ses agresseurs d’un coup de feu. A l’indignation générale, le blessé avait osé porter plainte.
Cependant vous choisissez la caricature du beauf qui tire sur les minots à scooter, alors que je vois plutôt des bandes qui terrorisent une certaine rue du XXe arrondissement, arrosant les fenêtres à coup de mini-roquettes et laissant une dame entre la vie et la mort. Et une police qui répugne à intervenir.
Or les philosophes nous apprennent que l’homme se dessaisit de son droit naturel de se défendre au profit d’un Etat qui lui doit protection. Quand l’Etat faillit à ses devoirs, nous retrouvons tous notre droit naturel et imprescriptible. Personnellement je trouve excessive l’exigence de proportionnalité quand elle est trop tatillonne, car cela consiste à mettre sur le même plan l’agression et la riposte. Il y a cent ans les juristes insistaient bien plus sur la « contrainte » qui conduisait l’agressé, qui n’a rien demandé, à se défendre.