Je suis globalement d’accord avec cet article. J’ajouterai que les sondages peuvent être encore faussés par trois biais importants, que Caleb Irri n’a pas mentionnés, sauf erreur de ma part :
- beaucoup de sondages se font par téléphone. Or, beaucoup de gens aujourd’hui n’ont pas ou plus de téléphone fixe. Ces gens-là ne sont donc pas pris en compte dans les enquêtes.
- les sondages ne comptabilisent que les gens qui ont accepté de répondre. C’est un peu comme les résultats des votes, qui ne tiennent pas compte des gens qui ne se sont pas inscrits sur les listes électorales, pas plus que des bulletins blancs ou nuls.
- en admettant que les sondages expriment une certaine vérité, celle-ci ne peut être que très approximative. Il est donc hautement abusif de dire, comme le font beaucoup de journaux : « 47 % des Français sont pour..... » En réalité, tous les statisticiens un peu sérieux savent qu’on ne peut pas savoir ce qu’il en est de l’opinion d’un pays à 1 % près. Méfions-nous donc quand des journaux disent : « M. Truc ou Mme Machin remonte dans les sondages ». Si l’augmentation est de deux ou trois %, elle n’est absolument pas significative.
Sur le sujet des sondages, et sur beaucoup d’autres, je conseille à tout le monde de lire l’excellent Petit manuel d’autodéfense intellectuelle de Normand Baillargeon.