À HELIOS
J’ai « plussé » votre commentaire par erreur au lieu
de le « moinsser ». Désolé de vous l’apprendre. Je vais m’en expliquer.
Vous semblez penser que nous allons pouvoir passer à une
société plus respectueuse de l’environnement et plus économe en énergie en
apportant juste quelques correctifs tout
en conservant un mode de vie globalement inchangé notamment dans nos
habitudes de déplacements et de transport.
Comme beaucoup, je me sens concerné par les sujets relatifs
à l’environnement et notre dépendance à l’énergie. J’ai donc cherché des
sources d’information sérieuses dans ces domaines. La conclusion que j’en ai
tiré est que nous allons probablement connaître à moyen terme un monde en
rupture totale avec celui que nous connaissons aujourd’hui.
La raison est que nous n’aurons pas d’énergie de
remplacement disponible, équivalente au pétrole, quantitativement et qualitativement, au moment où sa production
passera par son maximum technique avant de décroître. La production de pétrole
sera alors fortement insuffisante pour répondre à une demande mondiale
tendanciellement croissante.
Si nous ne nous préparons pas à cette situation et que nous
ne consentons pas dès aujourd’hui à une profonde révision de notre mode de vie,
et en particulier de nos habitudes de déplacements et de transport, nous y
serons contraints, dans la douleur, au moment le plus défavorable. Moment où,
pour le coup, nous risquons d’être privés de moyens de transport routier faute
de carburant en quantité suffisante.
C’est pourquoi j’adhère complètement au diagnostic et aux
solutions préconisées par Benoît Thévard.
C’est un autre mode de développement économique, économe en
énergie et le contraire d’une société de « décroissance » et
d’appauvrissement.
Notez qu’entreprendre une réorganisation au niveau local
n’implique pas une micro-société repliée sur elle-même, ni le développement
d’un individualisme, au contraire. Les solutions proposées par Benoît Thévard
n’excluent en aucune façon des échanges inter-régionaux, pour autant qu’ils
soient justifiés et raisonnables.
Pour prendre un exemple, en Bretagne, tout comme dans le
Jura, nous pouvons fabriquer des
yaourts avec le lait produit sur place dans des pots en carton (ou en grès !)
produits sur place, plutôt que de faire venir les yaourts faits on ne sait où,
avec du lait de vaches allemandes et des pots de plastique venus d’ailleurs. Et
nous serons très heureux d’échanger leur délicieux Comté contre des homards et
des huîtres envoyés par le train et non par des convois de camions.
Cette re-localisation régionale s’applique aussi à l’échelle
mondiale. On peut comprendre qu’on transporte des ananas d’Afrique, des bananes
de Martinique, du café du continent américain ; mais est-ce raisonnable de faire
venir massivement des poires d’Afrique du sud, du raisin du Chili, des crevettes
du Brésil, denrées qu’on sait produire en Europe, alors qu’on tue l’économie rurale de
pays africains en inondant leur marché de découpes de poulets bretons ?