La « piste » des diminutions
d’horaires en terminale est en l’occurrence plus qu’une piste
puisqu’elle est explicitement prévue dans le projet de réforme du
lycée. Jusqu’à présent les terminales scientifiques ont 3 heures
de philosophie par semaine dont 1 heure dédoublée, les terminales
technologiques ont 2 heures dont 1 heure dédoublée : or ces
heures dédoublées risquent de disparaître.
Vous insistez à juste
titre sur l’effet d’annonce. Ceux qui font partie de l’éducation
nationale ne peuvent plus prendre au sérieux les déclarations
ministérielles, tant elles sont en décalage avec la réalité.
Chatel fait des annonces quasiment tout les jours, annonces destinées
en général à séduire les médias et l’opinion, faites pour faire
parler, pour donner l’illusion qu’il agit, qu’il réforme, pour
raconter une belle histoire. Faire diversion : masquer la
dégradation toujours croissante des conditions d’enseignement, qui a
franchi une seuil critique ces derniers temps sous l’effet d’une
politique purement budgétaire. Tout ce qui est présenté comme des
avancées est de l’affichage(réforme du lycée avec son
accompagnement personnalisé, qui n’a de personnalisé que le nom ;
réforme de la formation des enseignants qui fait que les stagiaires
sont dans l’impossibilité de bien faire leur travail, d’apprendre
leur métier ; multiplications des expérimentations gadget qui
sont vouées à rester expérimentales puisque qu’on refuse les
moyens qui permettraient éventuellement de les généraliser(« sport
l’après midi » « internat d’excellence »
« établissement spécialisés pour la réinsertion scolaire »,
tout ce qui concerne l’initiation aux arts au lycée, la renaissance
des cinéclub(où sont les équipements nécessaires ?))La seule
boussole de l’administration c’est la réduction des dépenses au
mépris des finalités du service public. L’importation des méthodes
de management qui ont fait des ravages dans beaucoup d’entreprises
privées progresse à grand pas, mettant les personnels dans la
situation de devoir soit renoncer à leur mission, soit compenser par
leur zèle l’incurie de la politique à courte vue qui est menée,
loin de toute préoccupation réellement éducative, pour limiter les
dégâts. On prétend améliorer la qualité de l’offre éducative
alors même que les rectorats recrutent à tour de bras des
contractuels, pour compenser un manque d’enseignants, non seulement
pour des remplacements ponctuels, mais sur des postes à l’année( en
l’occurrence il n’y pas de « surnombre »en philosophie
contrairement au déclaration de Chatel), ou qu’ils sollicitent de
plus en plus des retraités pour boucher des trous qui deviennent des
failles.
Mr Sarkozy souhaite faire
oublier son image de président bling-bling, en usant d’un
l’imparfait du subjonctif, et en instrumentalisant à présent
l’enseignement de la philosophie. Aucune personne qui connait un
minimum la réalité du « terrain » ne peut croire en
effet aux sornettes qui nous sont annoncées.