Voilà bien une
phrase qui révèle l’irresponsabilité de nos dirigeants :
"En l’absence de consensus sur la période du
pic pétrolier, le délai est estimé à 30 ans et aucune préparation ni gestion de
crise n’est envisagée à ce jour."
L’auteur estime
qu’en fait :
"Il nous reste donc dix ans pour prendre
conscience de notre vulnérabilité."
Ceci est une hypothèse qui pourrait même se révéler très
optimiste.
Les économistes ne conçoivent la sortie de crise financière
et économique que par une reprise de la croissance. Il n’est pas de croissance
sans augmentation de consommation d’énergie. Or la capacité de production de
pétrole est probablement très proche de son maximum technique possible si elle
n’est pas déjà atteinte au dire de sources ayant accès à des informations que
les milieux pétroliers s’efforcent d’en minimiser la portée. Il ne faut pas
perdre de vue que passé ce maximum, la production ne peut que diminuer sans être
compensée par de nouvelles découvertes ou par les progrès des techniques
d’extraction.
La crise économique a temporairement fait baisser la demande
et a eu pour effet de différer la prise de conscience de la situation réelle.
On a vu ces derniers temps le prix du pétrole augmenter significativement en
raison d’une poussée de la demande. Une reprise économique ne pourra
qu’amplifier cette hausse qui a son tour freinera l’activité pour, au mieux, se
stabiliser autour d’un équilibre provisoire et fragile entre demande et
consommation. Cette situation ne perdurera qu’un temps limité. Ce sursis est
une dernière occasion de refonder notre société et notre mode de vie avant le
« big crush » annoncé si nous persistons à suivre les logiques
passéistes des économistes qui sévissent dans les sphères dominantes actuelles.