@ Paul Villach.
« L’appareil judiciaire au service des politiques ». J’en conviens, bien sûr, et c’est la raison pour laquelle il est urgent de libérer les procureurs de la tutelle de la Chancellerie comme nous l’impose l’Union européenne.
Mais il convient de ne pas tout amalgamer car les affaires sensibles susceptibles d’être soumises à des instructions de nature politique, sont très peu nombreuses, probablement moins de 3 % (à vue de nez d’un magistrat).
Or l’image de la Justice est essentiellement construite sur ce type d’amalgame et sur l’énorme médiatisation qui entoure quelques faits divers horribles, de nature à en appeler à l’instinct de lynchage. La cerise sur le gâteau ayant été l’affaire d’Outreau dans laquelle tout le monde a dysfonctionné : les magistrats, les politiques, les médias, et même les avocats des mis en cause. Que n’ont-ils ameuté les médias en cours d’instruction, comme ils en avaient le droit, pour dénoncer les errements de Burgaud et ses fautes de jugement que l’on nous a ensuite présentées comme flagrantes. Ne l’étaient-elles pas déjà à ce moment-là, et pourtant il ne s’est rien passé ou presque du côté des défenses. Incroyable, non ? Tout cela pour dire qu’il y a parfois des enchaînements funestes qui échappent à toute logique et qui, surtout, ne sont pas représentatifs du fonctionnement habituel de l’Institution.
Bonne journée.