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Commentaire de Etz sur Zidane, Noah, etc., hélas ! - AgoraVox le média citoyen

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Commentaire de Etz

sur Zidane, Noah, etc., hélas !


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Etz (---.---.73.175) 5 janvier 2007 13:14

Pardon, Monsieur Bilger, mais il me semble que vous avez la mémoire un peu courte. Qui instrumentalise en permanence ces célébrités du sport, de la chanson... ?

Voici quelques extraits d’un article du 10 juillet que j’ai trouvé sur Sportvox :

http://www.sportvox.fr/article.php3?id_article=10379

Le foot médiatisé, nouveau dopant des Français ? Les succès sportifs ont souvent été récupérés à des fins politiques, mais avant la dernière décennie on aurait pu penser que c’était le fait de régimes autres que celui qui, théoriquement, prévaut en France. Or, la realmadridisation de l’équipe de France de football nous ramène devant une réalité qu’on pourrait être tenté de qualifier de décadence républicaine.

Le foot pour le « bas peuple », le savoir pour les « élites » ? Il est à craindre que cette idée très voltairienne, propagée parmi les aristos éclairés et grands bourgeois du XVIII siècle, ne soit devenue à nouveau très répandue dans un milieu de « décideurs » à vie, aux privilèges croissants.

La semaine dernière, un microcosme politique passablement discrédité, mais jamais découragé et toujours omniprésent dans les médias comme dans les institutions, avait littéralement bondi sur la victoire de l’équipe de France en demi-finale de la Coupe du monde de foot.

Dans cette France « gérée » par une EARL (« élite » à responsabilité limitée) qui, avec une emprise croissante sur le pays depuis l’ordonnance du 9 octobre 1945, veut bien penser à notre place et nous « administrer », les grands lauréats des concours de « gouvernance » et ceux cooptés par des voies « extérieures », toutes promesses politiques confondues, ont couru mettre la main, au sens politique du terme, sur le penalty transformé par Zidane et la classification pour la finale de dimanche. Les uns plus vite que les autres, à qui nous chanterait les plus beaux kikirikis et cocoricos. Jack Lang, un ancien ministre de l’Education Nationale, est allé jusqu’à parler de « la France métisse, la France mixte dans l’essence du mot », oubliant apparemment qu’aucun résultat sérieux de la génétique moderne ne confirme l’existence de races humaines postulée au XIX siècle par des « savants » pro-colonialistes.

Jeudi, on a pu apprendre que Claude Chirac choisissait les élus qui accompagneraient à Berlin le Président de la République....

(...)

Dès jeudi soir, on pouvait lire que les bleus venaient de « redonner des couleurs au couple Chirac-Villepin ». Certains commentateurs ont écrit des titres tels que : « les politiques derrière les bleus », et d’autres comme une dépêche AFP du vendredi à 14h34 : « les politiques veulent profiter de l’euphorie bleue ». Cette dernière dépêche nous rappelle que « entre juin et juillet 1998, en pleine cohabitation, le chef de l’Etat avait connu une progression de 11 points (de 48 à 59%), et le Premier ministre de 7 points (de 52 à 59%) ». Des « progressions » intéressantes, nul n’en doute. Même si entre juillet 1998 et avril 2002 elles avaient bien fondu à en juger par le résultat du premier tour des présidentielles. Si, neuf mois après la crise des banlieues, on peut lire que « le mythe de la France »Black-Blanc-Beur« semble ne plus convaincre tout le monde » ou si, dans Le Monde du 9 juillet, un supporteur de l’équipe de France déclare : « Nous les immigrés, on est français quand on gagne le Mondial. Mais 15 jours après, on n’est plus français : Chirac, Sarko et tous les autres nous oublient »...

(...)

Vendredi, le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy annonçait un dispositif de sécurité « très important » en France, pour la soirée de dimanche, avec 4.000 policiers et gendarmes. Car « rien ne doit gâcher cette fête »... samedi, on nous annonçait une « finale sous haute surveillance » en France, et la dépêche AFP rappelle que : « Les festivités après Portugal-France ont été entachées de cinq décès »accidentels« en France, selon la police, dont trois à Paris, de violences, de véhicules brûlés et de blessés par arme blanche ». Dimanche en début d’après-midi, une nouvelle version de cette dépêche annonçait encore toute une série de mesures de sécurité, ainsi qu’un défilé de l’équipe de France à Paris, sur l’avenue des Champs-Elysées, après un déjeuner au Palais de l’Elysée. Une autre dépêche évoquait une « semaine politique dominée par le rendez-vous télévisé du 14 juillet », estimant que le Président de la République « pourra sans nul doute s’appuyer sur l’exceptionnel - et inattendu - parcours de l’équipe de France de football au Mondial-2006 ». On apprenait également, dimanche, que Ségolène Royal se rendait à Berlin pour la finale, « invitée par la Ligue et aussi par Dominique Rocheteau, qui a un club de formation... ». Resté en France, Nicolas Sarkozy assurait que les forces de l’ordre étaient « prêtes » afin « que les Français puissent faire la fête en famille, tranquillement » et précisait : « 12.000 fonctionnaires et militaires sont mobilisés, dont 3.000 à Paris et 5.000 à 6.000 en Ile-de-France ».

(...)

Qu’un régime politique craignant l’isolement ou la révolte de la population ait recours à l’instrumentalisation de succès sportifs comme moyen de propagande, ce n’est rien de très nouveau. Le Real Madrid devint champion d’Espagne en 1954 et 1995, et remporta cinq coupes d’Europe d’affilée : 1956, 1957, 1958, 1959 et 1960, avant d’être éliminé par Barcelone la même année pour la coupe de l’année suivante. En 1964, Franco lancera la campagne dite des « 25 années de paix » et, en décembre 1966, il fera plébisciter son régime par un référendum qui donnera, d’après les chiffres officiels : 88,79% de votants, 95,06% de oui et 1,81% de non, avec 2,33% de votes blancs. La promotion de l’ « opération Real Madrid » par le franquisme dans les années 1950 avait fait suite à la montée dans le pays d’une importante contestation de masse qu’avait amorcée le boycott des tramways de Barcelone de mars 1951, devenu rapidement la première grève générale sous la dictature. Champion d’Espagne de manière ininterrompue de 1961 à 1965, le Real Madrid deviendra à nouveau champion d’Europe en 1966, à quelques mois du référendum.

Doit-on s’étonner de voir ce genre de méthodes d’un parti unique reprises dans une « démocratie » par un lobby de la pensée unique ? C’est vrai qu’en France il n’y a pas de parti unique... mais heureux qui pourra déceler des différences substantielles entre les programmes qui lui sont « proposés » et, surtout, appliqués !


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